Béninois et Fier de l’être !
Tout n’est pas désillusion au Bénin. L’amertume ne saurait être le triste quotidien des béninois. Et l’ignorance ne doit s’ériger en mode de vie collective dans mon Bénin natal. Réputé par le passé être une terre d’excellence, le Bénin est secoué depuis quelque peu par des brouhahas politico-juridico-administratifs qui n’en font que ternir de l’image. Mais l’espoir est permis. Et cette lueur d’espoir a jailli par trois fois cette semaine sur la terre du très vénérable roi Béhanzin. Trois grands faits historiques qui ont redoré sans doute pas pour l’espace d’une semaine au Bénin son légendaire blason du quartier Latin de l’Afrique d’antan.

L’Université d’Abomey-Calavi (UAC), anciennement connue sous l’appellation de l’Université Nationale du Bénin (UNB) jusqu’en 2001 fait après un peu de moins 40 années d’existence son entrée dans le Top 100 des universités d’Afrique. Inconnu l’an passé, l’Uac se positionne à la 84ème place de ce classement des meilleures universités d’Afrique éditée par la « Cybermetrics Lab ». Et ceci n’est point un fruit du hasard. En effet, l’équipe rectorale du Prof Brice Sinsin a depuis son installation en Décembre 2011, mis en œuvre une série d’actions qui justifient ce grand bond de l’Uac dans le Top 100 des “prestigieuses’’ universités du continent. Aussi, l’Uac devient-elle la deuxième université francophone de l’Afrique de l’Ouest juste derrière “l’indéboulonnable’’ université Cheick Anta Diop (Ucad) du Sénégal. Bien que ce classement fasse objet de vives polémiques dans le monde de l’enseignement supérieur, il faut dire que l’actuelle équipe rectorale de l’Uac n’est pas à sa première prouesse internationale. Pour sa qualité de gestion en matière de rayonnement, d’ouverture et d’excellence académique, de leadership, d’innovation technologique sur le campus, l’Uac a été distinguée le 27 octobre dernier à Paris par la World Quality Commitment Award en recevant le prix « Convention » dans la catégorie platine. De belles performances qui font la fierté du pays et qui devraient sans doute inspirer les autres unités administratives de l’Etat notamment celles de l’éducation et en particulier de l’Université de Parakou (deuxième université publique du Bénin).

Toujours dans le monde scientifique, le Bénin a aussi fait parler de lui par la qualité intellectuelle intrinsèque d’un de ses fils. Léonard Wantchékon, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est désormais admis à l’Académie Américaine des Arts et des Sciences. Economiste, béninois de naissance, enseignant à l’Université Princeton aux Etats-Unis, Directeur Fondateur de l’Institut de Recherche en Economie Politique (IREP) et de l’African School of Economics (ASE) au Bénin, Léonard Wantchékon est ce qui se fait de mieux, aujourd’hui dans les sciences sociales notamment dans l’analyse des politiques économiques dans le monde. Et son admission dans l’académie américaine des sciences est une suite logique de la carrière et de la réputation de l’homme aussi bien dans les grandes universités américaines que dans la sphère politique du pays de l’oncle Sam. En effet, cet émérite enseignant est auteur de plusieurs articles en théorie de développement économique et politiques publiques indexés dans des grandes revues scientifiques telles que American Economic Review, Quarterly Journal of Economics, American Political Science Review, World Politics, Journal of Theoretical Politics, Comparative Political Studies, Constitutional Political Economy, etc… Ce grand homme des sciences vient par cette consécration honorer la terre de ces ancêtres, une terre avec laquelle il est resté fortement attaché.

Le Bénin séduisant de cette semaine, n’est pas que scientifique ou seulement dans l’enseignement supérieur. C’est aussi le Bénin de la Culture. Ouidah, ville historique du Bénin, reconnu pour son vaudou, la Traite des Noirs, ses grandes bâtisses coloniales devient le temple de l’art contemporain africain. En effet, cette ville située sur le littoral béninois à quelques 40 km de Cotonou abrite depuis cette semaine le tout premier musée d’art contemporain de l’Afrique. Sous l’initiative de la Fondation Zinsou, ce musée qui servira de cadre d’exposition des œuvres d’art, permettra de rapprocher les Africains et l’Afrique de l’art contemporain. Installée dans la villa d’Ajavon, ce musée, pour sa première grande exposition d’ouverture, a fait place aux œuvres de treize (13) grands artistes du continent. Un honneur de plus pour le Bénin ! dira-t-on. Mais ce musée unique en son genre sur le continent est la fierté de l’Afrique. Et Ouidah, la petite ville au Sud Ouest du Bénin en est mille fois honorée. Mais point de doute, ce nouveau temple mémorable de l’art contemporain africain serait une destination plus prisée des touristes étrangers que ceux d’Afrique et du Bénin.
L’Université d’Abomey-Calavi (Uac) dans le Top 100 des universités d’Afrique, le Professeur Léonard Wantchékon admis à l’Académie Américaine des Sciences, Ouidah (Bénin) accueille le premier musée d’art contemporain de l’Afrique, quoi de plus légitime de manifester sa fierté d’être béninois. Et une fierté plus grande lorsque Stéphane Sèssègnon, capitaine de l’équipe nationale de football du Bénin est buteur en championnat d’Angleterre face à Chelsea du charismatique José Mourinho et avec à la clé un match nul de deux buts partout à Standforbridge.
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