Parakou: De l’eau trouble au robinet !

14 novembre 2013

Parakou: De l’eau trouble au robinet !

La station de pompage et de traitement de l'eau sur le Fleuve Okpara qui désert la ville de Parakou et environs en eau courante...
La station de pompage et de traitement de l’eau sur le Fleuve Okpara qui désert la ville de Parakou et environs en eau courante…

S’il y a une consigne donnée aux touristes occidentaux qui voyagent sur l’Afrique qui m’a longtemps intriguée, c’est sûrement l’interdiction qui leur est faite de consommer de notre eau courante. Du coup, ils sont des milliers ces touristes qui viennent au Bénin sans jamais connaître la saveur de notre eau de robinet.

Et depuis peu, je commence par leur donner raison. Un court séjour à Parakou, dans le nord du Bénin, et vous risquerez de manifester un désamour profond avec l’eau courante qui est servie aux populations locales. Et le divorce entre les populations locales et la société distributrice de l’eau courante ne cesse de s’accentuer. Depuis 2008, il n’est pas rare que l’eau de robinet passe à une couleur rougeâtre. Et cette mésaventure devenue familière, la population locale la revit encore depuis le début de cette semaine. Après plus de trois jours de coupure d’eau pour des raisons techniques, la redistribution s’est faite sous fond de méfiance pour les populations. En effet, c’est une eau rougeâtre au goût piquant avec une odeur forte qui coule au robinet par endroit dans la ville. La qualité trouble de l’eau remet en cause sa potabilité. Est-elle aussi consommable ? S’inquiètent les populations. Mais à comme l’accoutumée, le directeur régional de la société distributrice de l’eau interrogée sur une radio locale de la ville rassure que cette eau bien que trouble ne représente aucun danger pour les populations. Dans ces conditions, pourquoi condamner les touristes qui passent tout leur séjour à ne consommer que l’eau minérale embouteillée ? Une récente enquête menée en 2010 par Gaston Yamaro, journaliste dans une radio locale a montré que la consommation de l’eau de robinet serait à l’origine de la fièvre typhoïde pour 25% de la population locale. En effet, l’eau courante servie aux populations locales contiendrait une forte concentration de manganèse qui, au contact des conduits d’eau (en fer) et du chlore (utilisé pour le traitement de l’eau) donne naissance à ces particules chimiques qui se déposent au fond de l’eau issue des robinets. Une situation inquiétante autant pour les populations locales, les agents de santé mais curieusement pas pour les responsables de la société distributrice de l’eau qui ne manquent pas de déclarer à chaque survenance de la situation sur les antennes des radios locales que cette composante chimique (chlorure de fer) qui se dépose dans l’eau est utile pour l’organisme humain. Assez drôle quand on sait que l’organisme humain a besoin d’un dosage conventionné pour tous les produits chimiques dont il a besoin.  Et depuis, ils sont des dizaines de personnes dans la ville qui ont fini par ne plus savoir l’emplacement de leur robinet d’eau courante dans leurs maisons. Pour ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir quotidiennement de l’eau minérale embouteillée, la solution fut toute simple. Aussi paradoxale qu’elle puisse paraître, ces derniers préfèrent utiliser l’eau de puits. Du coup, la méfiance à l’égard de l’eau de robinet ne cesse de s’accroître. Les rôles ont même changé dans certaines concessions. L’eau de puits sert à la boisson, et celle courante à la cuisine (on espère qu’au contact de la chaleur, elle deviendrait potable), à la vaisselle et à lessive. En attendant une réponse suffisante des autorités, les touristes savent désormais qu’ils ne sont plus les seuls à être en froid avec l’eau courante au Bénin. Et ce qui fait le grand bonheur des industries productrices des eaux minérales embouteillées.

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Commentaires

DJOHY
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Des criminels qui s'ignorent...
Pensez-vous que c'est seulement ceux qui tirent à ball réel sur vous ou sur vos proches qui sont les criminels...
Il existe un criminel qui s'ignore et que vous ignorez aussi. Lui c'est la "Soneb"...

Je pense que si la Soneb pouvait arriver à mesurer l'impact de l'eau non potable distribuée à la population de Parakou, elle comprendrait qu'elle n'a plus ça raison d'être puisse que parfois même les populations y préfèrent l'eau de puits traité à la traditionnelle. Et ce qui énerve encore dans tout ça, c'est que les factures ne cesse jamais d'augmenter. On n'a l'impression que plus l'eau est troublé, plus les factures sont élevés...

Un jour, Dieu nous sauvera des mains de ces assassins!!!

De Rocher Chembessi
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Serge, je n'ai pas cité le nom de quelqu'un hein...

Anonymous
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sneb de parakou vous êtes plus que des assasin