De Rocher Chembessi

Destination Pendjari !

pendjariPlus question de reléguer le tourisme en seconde zone au Bénin.  A cet effet, les autorités béninoises mettent les bouchées doubles afin d’attirer le plus grand nombre de touristes dans le pays.

Elles viennent de procéder à la mise en service de l’Office de Tourisme de la Pendjari. Une initiative qui fait suite à celle de nombreuses autres villes et régions de la partie méridionale du pays. Baptisée « Maison de la Pendjari », cette office vise comme objectif premier de faire découvrir davantage aux touristes nationaux qu’internationaux cette destination exotique du nord ouest du Bénin. La Maison de la Pendjari se doit donc de populariser les potentialités touristiques et culturelles de la région.

Intéressé par la destination Pendjari ? C’est une multitude de richesses touristiques et culturelles pour vivre une belle randonnée. Dans la région de la Pendjari, la plus grosse attraction reste le parc animalier de la localité. Mais l’exotisme touristique du nord ouest du Bénin s’associe aussi bien aux magnifiques chutes  de Tanougou et aux prestigieuses habitations des Tata Somba. Des dizaines de lieux de détente existent bien dans ce beau paradis du nord du Bénin pour agrémenter le séjour de tout curieux qui s’y aventure. La culture locale n’est pas du reste dans ce grand héritage touristique que possède la région de le Pendjari. Visiter la Pendjari, c’est aussi apprécié la richesse culinaire d’une région à cheval entre le Bénin, le Togo et le Burkina Faso sans oublier cette délicieuse bière locale Tchoukoutou.

Avis aux amateurs de belles randonnées touristiques…


Inéligibilité du Bénin au MCA : Une prime à la mal gouvernance ?

Boni Yayi ne doit-il pas des explications au peuple?
Boni Yayi ne doit-il pas des explications au peuple?

Sale semaine pour la République du Bénin ? Le pays vient en effet d’être déclassé de la liste des bénéficiaires du financement du programme Millenium Challenge Account (MCA). Lors de sa session trimestrielle tenue le 10 décembre dernier à Washington, le conseil d’administration du Millenium Challenge Corporation (Mcc) a sorti le Bénin de la course à l’obtention du second compact de ce programme américain.

Plus de 300 milliards de francs FCFA partis en fumée pour un pays d’un budget réel d’à peine 1.000 milliards en proie à de nombreuses difficultés de mise en œuvre de ces programmes de développement économique. Et pour cause…

Dans cette élimination du Bénin, « la mauvaise gouvernance » du régime de Boni Yayi est pointée du doigt par le rapport des experts américains. Cette gouvernance défaillante serait en effet, marquée d’une forte dose de corruption. A l’instar de la Sierra-Leone, le Bénin n’aurait pas obtenu la moyenne au niveau de l’indicateur relatif à la lutte contre la corruption. Ainsi, les nombreuses prophéties de lutte implacable contre la corruption prédites par Boni Yayi et les siens n’auraient existé que dans de beaux discours. C’est sans doute pourquoi le Mcc proposerait un accompagnement des autorités béninoises pour une lutte effective contre la corruption afin que le pays puisse réaliser de bonnes performances sur l’indicateur de contrôle de la corruption dans le futur.

Mais contre toute attente, cette décision du  conseil d’administration du Mcc a provoqué une euphorie spectaculaire dans l’opinion béninoise. Que cela soit dans la rue, ou sur les réseaux sociaux, ils sont bien nombreux ces béninois qui se réjouissent presque du refus américain d’accorder au pays le deuxième compact du Mca. Au regard des commentaires des uns et des autres, on pourrait bien s’empresser d’affirmer que cette prime à la mal gouvernance est un mérite pour le pouvoir en place. Bien que Boni Yayi a son arrivée à la magistrature suprême du Bénin en 2006 se présentait comme le messie, le grand sauveur de l’économie béninoise, ou encore le bâtisseur de la Nation, tout semble s’écrouler tout doucement sous son règne. Une mort douce qui fait jaser le pays. Avant les américains qui ont dit « non » à la mise à disposition du pays de ce fonds destiné à l’amélioration de l’accès au foncier, l’accès à la justice, l’accès aux marchés et l’accès aux service financiers, c’est le Danemark qui a déclenché depuis, les signaux de sa rupture de coopération bilatérale avec le Bénin sur le financement des programmes de développement. A sa suite, d’autres partenaires techniques et financiers du pays dont notamment l’Usaid menaçaient assez ouvertement de jeter l’éponge.

Triste record pour un régime dont le cercle restreint est composé d’économistes émérites du pays et de la sous-région.

Plus sordide dans l’histoire, ce désaveu de la gouvernance de Boni Yayi pourrait ne point émousser la hargne verbale des thuriféraires du régime qui se plaisent à peindre en noir tous les régimes précédents. Au Bénin, on s’attend à un retour sur la scène publique des griots du régime pour tenter de justifier à leur manière habituelle cet échec de leur maître. Bien que Mathieu Kérékou et son régime soient culpabilisés à tort ou à raison par les yayistes[1] comme le temple de la corruption, ils ont quand même permis au Bénin de transcender les rigoureux critères de sélection au programme Mca. Sous leur règne, le pays a quand même bénéficié d’un premier compact de ce programme évalué à un peu plus de 300 milliards de francs.

Face à cet état de chose, que faire pour Boni Yayi ? L’homme se fera-t-il excuser par son peuple ? Lui qui a miroité la mise en œuvre de plusieurs programmes notamment destinés à la jeunesse à travers ce financement qu’il espérait si tant. Est-il en passe d’être « définitivement » vomi par le peuple ? Quelle côte de popularité aura l’homme à la fin de son mandat en 2016 ? Les signaux de son régime sont bien dans le rouge. Et bien étrangement, une bonne partie de la population voudrait que ce rouge soit étendu à plusieurs domaines de compétences du régime. Il y en a même qui prédisent le même sort pour le pays dans le cadre du financement du Fonds Européen de Développement (FED), une mise à l’écart du Bénin.

On peut donc se demander si les Béninois sont devenus autant défaitistes ?



[1] Partisans du président Boni Yayi


Bénin : La Constitution a 23 ans !

constitutionIl était le label de la démocratie en Afrique ! Il était connu pour avoir lancé la vague de conférences nationales des forces vives de la Nation en Afrique francophone. Une pléiade de conférences qui a laissé place dans plusieurs pays à une démocratie à l’africaine ! Le Bénin, 23 ans après célèbre sa Constitution. Une Constitution adoptée le 11 décembre 1990, quelques dix mois après l’historique Conférence de février 90 qui posa les jalons de la démocratie béninoise.

Un enfant né à cette même date aurait grandi ! Il aurait pris de l’âge ! Deux décennies plus tard, il serait un adulte seul au front. Et bien, voilà ce que vit la Constitution béninoise, vingt-trois ans après son adoption. Cible récurrente de vives polémiques de sa révision ou de son rajeunissement, surtout en 2006 et depuis quelques mois où un projet de sa révision forcée est agitée par le parti au pouvoir, la loi fondamentale du Bénin tient toujours debout. Mais pour combien de temps encore ? Au Bénin, tous s’accordent sur la nécessité de passer à un toilettage de la Constitution, et ceci bien des années déjà. Mais une prudence née de l’après révision de Constitution sur d’autres cieux en Afrique amène une bonne partie de la population, notamment celle de l’opposition à afficher un non systématique à tout projet de révision constitutionnelle alors même que la Constitution elle-même prévoit les conditions de sa révision.
Au Bénin, on n’aime jouer avec le feu. Du président Mathieu Kérékou à son successeur Boni Yayi, tous deux ont pu mesurer l’intransigeance des béninois sur tout projet de révision de la Constitution. Bien qu’il existe des personnes qui soutiennent à chaque fois ce projet, le « Touche pas à ma Constitution » prend une ampleur qui ne fait qu’abîmer que ce rêve fou d’avoir eu le mérite de réviser la Constitution béninoise. Si le président Mathieu Kérékou, à son époque, avait affiché un silence de cimetière qu’on lui connait sur le sujet, Boni Yayi ne manque pas à toute occasion de rappeler et d’appeler au soutien de son projet de révision de la Constitution. Le buffle de Tchaourou[1], comme on l’aime l’appeler ici jure par sa bonne foi de ne pas se représenter aux élections présidentielles. Ses sbires clament haut et fort que la révision de la Constitution béninoise ne saurait donner lieu à une Nouvelle République qui puisse lui permettre de briguer un nouveau mandant. Mais l’opposition et une bonne partie de la société civile n’y croient pas. Et pour marquer le non catégorique à ce projet, ils inventent le mouvement « Mercredi Rouge » sous l’impulsion du Prof Joseph Djogbénou, acteur de poids de la société civile du Bénin. Boni Yayi a-t-il manqué la sagesse du Caméléon[2] qui reste évasif sur le sujet ? Aurait-il la clairvoyance d’esprit du président Hercule[3] qui a reconnu le verdict du peuple qui l’a écarté du pouvoir en 1996 ? Boni Yayi semble seul face à son destin ? Vingt-trois ans après la naissance de la Constitution béninoise, Boni Yayi tiendra-t-il mordicus à sa révision ? Il est le seul à détenir la réponse.

Mais il y a bien plus urgent dans le pays qu’une révision à pas forcé de la révision. C’est en tout cas ce qu’affirment l’opposition et les populations. Et l’opposition, sous la bannière de l’Union fait la Nation (UN) a attendu la veille de cette date anniversaire pour faire le requiem du régime au pouvoir. Comme à son habitude, le langage a été très dur pour faire le procès de Boni Yayi et de sa mouvance présidentielle. La sécurité, l’amélioration des conditions de vie des béninois, la décrispation de la tension politique, « la fin de la persécution » des investisseurs nationaux, l’emploi des jeunes sont autant de priorités que devraient s’accorder le gouvernement, martèlent-ils.

Néanmoins, aucune constitution au monde n’est modifiable. Il y a bien des pays comme la France, les Etats-Unis qui ont bien touché aux leurs sans pour autant basculer dans un régime autocratique ou dans le règne à vie d’un chef d’Etat au pouvoir. Le Japon, troisième puissance économique mondiale, plus d’une soixantaine d’années traine toujours même la constitution. Des Nations plus respectueuses de la Démocratie préservent depuis des lustres leur Constitution. Certes, la Constitution fixe le cadre légal de développement d’un pays mais le développement d’un pays n’est pas réduit à sa Constitution…

Halte aux téméraires de tout bord !

Joyeux Anniversaire à toi  très chère Constitution

PS : Sachiez que je suis de ceux qu’on appelle au pays les années de la démocratie. Suivez mon regard…



[1] Tchaourou : village d’origine du Président Boni Yayi

[2] Caméléon : Surnom donné à l’ancien président Mathieu Kérékou

[3] Hercule : Surnom donné à l’ancien président Nicéphore Dieudonné Soglo


Uruguay : du cannabis comme du petit pain ?

Le cannabis: La nouvelle manne financière de l'Etat Uruguayen?
Le cannabis: La nouvelle manne financière de l’Etat Uruguayen?

Les sénateurs uruguayens ont approuvé la loi permettant à l’État de contrôler la production et la vente du cannabis. Une nouvelle législation qui pourrait bien changer la perception d’une bonne partie de l’humanité sur un phénomène aussi réprimé que le terrorisme. Triste ou bonne nouvelle !

L’Uruguay récidive ! Le pays du président dit « le plus pauvre au monde » n’en finit pas avec ses innovations législatives. Le pays de José Muyica vient de passer à la vitesse supérieure. Après quelques mois de discussions, voici l’Uruguay qui devient le premier pays au monde à légaliser la vente et la consommation du cannabis.

De la drogue pour tous ?

Pas vraiment ! Aux dires des sénateurs de la majorité présidentielle, le gouvernement mettra en place un système de contrôle du marché de la drogue. Ce serait bien l’objectif premier de l’adoption de cette législation. L’Uruguay voudrait prendre le contrôle de son économie souterraine devenue trop puissante. Pas plus de 40 grammes par mois, c’est la consommation maximale autorisée pour les préposés au cannabis dans ce pays de l’Amérique latine. Le prix de vente serait de 0,7 euro/gramme. En Uruguay, le cannabis ne sera pas du pain bon marché. Mais on peut penser qu’il ne subisse le même sort que la bière. En effet, le cannabis uruguayen ne devrait être vendu qu’aux personnes âgées de 18 ans. Quand on constate  ce que cette mesure qui encadre la consommation de la bière et du tabac est devenue dans tous les pays du monde, on peut bien se poser des questions. En Uruguay, le marché du cannabis pourrait bien prendre les allures de celui des armes aux Etats-Unis. En effet, le texte de loi adopté par le Sénat prévoit la constitution d’une base de données publiques pour les consommateurs afin de suivre leurs consommations mensuelles. L’achat du cannabis devra se faire auprès des pharmaciens homologués par l’Etat. Mais qui peut jurer que les officines de pharmacie qui seraient homologuées pour la vente du cannabis ne s’érigeront pas en un puissant lobby intouchable. Un lobby du cannabis qui pourrait déposséder à jamais l’Etat du contrôle du marché ? Un lobby qui pourrait avoir pleine puissance de faire modifier cette législation pour asseoir son hégémonie sur un secteur financièrement prometteur. Certes, la loi pourrait affaiblir les narcotrafiquants qui seraient privés d’une source de revenus estimée à plus de 60 millions d’euros par an, mais elle génère de nouveaux magnats qui n’hésiteront pas un seul instant à vouloir contrôler un secteur qui apporterait à l’Etat pas moins de 40 millions d’euros pour une population d’environ 3 millions d’habitants. Aux Etats-Unis  on connaît l’histoire des clubs de tir, et dans le monde entier, on sait à quoi riment les clubs de nuit après les consommations d’alcool. Ce qui semble ne pas inspirer à proprement dit le Sénat uruguayen qui autorise la population à la création des clubs de 15 à 45 membres. On me dira que la législation prévoit un encadrement qui suppose que ces clubs ne peuvent pas faire pousser plus de 99 plants par an. L’Uruguay s’engouffre presque dans le même travers que les Etats-Unis concernant le contrôle des armes. L’Etat estime pouvoir contrôler le nombre de plants de cannabis à domicile pour chaque Uruguayen dont la barre est fixée à six plants à domicile par an, l’équivalent de 480 grammes.

Un Uruguay au contrôle effectif de la production, de la distribution et de la consommation du cannabis, il faut bien être un devin pour prédire l’avenir de cette législation. La certitude, cette loi fait le bonheur des 200 000 consommateurs de cannabis bien qu’elle se heurte à la méfiance de plus de 60 % de la population et de plusieurs organisations.

La législation du cannabis en Uruguay : un exemple à imiter dans le monde ? Il serait bien trop tôt qu’elle fasse école. En tout cas, elle fera son effet dans une France et dans d’autres pays du monde en proie au débat sur la législation du cannabis.


Qui peut nous corrompre ? Personne…

corruptionChers lecteurs,

Qui d’entre vous se rappelle de ces phrases guerrières : « Qui peut nous gagner ? Personne ! », ou encore « Taureau ! La force ! ». Si elles ne vous disent rien, sachez qu’elles font partie de ces slogans qu’affectionnent les écoliers de mon Bénin natal. Ceci, depuis des années. Une manière pour eux de magnifier leur invincibilité, peu importe la discipline. Ceux d’entre vous qui aiment le sport en savent quelque chose. Bon ! Mon billet ne parle pas sport mais d’une de ces gangrènes qui parfois donnent place à des programmes fallacieux dans nos pays. Aujourd’hui, 9 décembre, saviez-vous ce que célèbre-t-on désormais dans le monde entier ? Cette question, je l’ai posée exprès dans la journée à un agent des douanes béninoises. Mais comme je m’en doutais, il n’en savait rien. Mal m’est prit de rééditer le même exercice, cette fois-ci par téléphone à un ami connu pour ses contacts dans l’administration béninoise. Je n’aurais pas dû car lui car lui non plus n’en a la moindre idée.

Et vous lecteurs : Que saviez-vous du 9 Décembre ? Je me garde de vous poser la question. Je suis convaincu qu’autant que vous êtes vous saviez tous que le 9 Décembre, la communauté internationale la consacre désormais à la célébration de la journée mondiale des Nations-Unies contre la corruption. Une initiative que je ne peux m’empêcher de féliciter au regard de ses nobles objectifs. Après avoir reçu cette nouvelle, j’ai décidé de réveiller ma curiosité. Juste la réveiller, pas envie de la pousser très loin. Que voulais-je découvrir ? De quoi voulais-je me mêler? Je m’en souviens à peine. Mais je sais juste une chose, et comme je le disais plus haut, le 9 Décembre est désormais dédié à l’enracinement de la lutte contre un fléau plus grave que le « sida ». Nul n’ignore que la corruption est un obstacle majeur au développement socioéconomique de nos pays notamment ceux d’Afrique. Un frein à la croissance qui, depuis quelques années bénéficie sur tous les coins du continent africain de programmes gouvernementaux afin d’en réduire la présence dans la sphère nationale et l’impact sur le développement. Des programmes, qui vont du plus sérieux au plus ridicule. Du plus pragmatique au plus polémiqué. Morceaux choisis

 

17 Juillet 2007: Boni Yayi dans les rues de Cotonou...
17 Juillet 2007: Boni Yayi dans les rues de Cotonou…

Bénin : Quand la lutte contre la corruption s’est faite dans la rue ?

Précédemment connu sous le label « Quartier Latin de l’Afrique », le Bénin n’est pas moins mal loti dans le classement des pays à forte perception de la corruption. La corruption, longtemps décriée par les ONG béninoises comme un sport national a fait objet de nombreuses mesures répressives ou correctives autant du gouvernement, du législatif que de la société civile. Au-delà des textes de lois encore moins vulgarisés et peu exploités, les institutions de lutte contre le fléau en manque de moyens, les ateliers de formation et de sensibilisation des acteurs de développement par les organisations de la société civile, un fait historique reste indélébilement gravé dans la mémoire collective  des béninois dans cette pseudo guerre contre la corruption. « Chez nous, la lutte contre la corruption se fait dans la rue », lancent ironiquement quelques compatriotes. Ceci pour se rappeler de cette marche dite « verte » du chef de l’Etat dans les rues de Cotonou avec les membres de son gouvernement, les présidents des institutions et des milliers de personnes pour, disaient-ils combattre la corruption dans son dernier retranchement. C’était le 17 Juillet 2007 !  Sur plus de huit kilomètres, Boni Yayi a battu le macadam et scandait à chœur avec la foule « Corruption Zéro ». Plus de six ans après ce jogging anti-corruption du Président Boni Yayi, la lutte contre la corruption se résumerait, aux dires de milliers de béninois à marche, amertume, cinéma, échec, voire haute trahison pour certains qui se réfèrent à ces sulfureuses affaires de ICC services (spoliation de l’épargne des populations par des structures illégales dont les promoteurs étaient des « proches du Chef de l’Etat »), Machines agricoles, intrants, construction du siège de l’Assemblée Nationale,  privatisation de l’outil industriel de la Société Nationale de Promotion Agricole devenu SODECO (Société de Développement du Coton), mise en concession du Port Autonome de Cotonou au groupe Bolloré, marché gré à gré pour certains investissements publics dans lesquels des proches du Chef de l’Etat, en attendant une réelle inculpation seraient entièrement mouillés.

 

L'épervier de Paul Biya...
L’épervier de Paul Biya…

Cameroun : L’épervier atteint par les griffes de la corruption ?

S’il y a une campagne anti-corruption qui aura tenue en haleine une grande partie de l’Afrique subsaharienne, c’est sans aucun doute celle qui se mène depuis une décennie au pays des lions indomptables. Au Cameroun, le Président Paul Biya voulait finir avec un fléau qui tendait à plonger son pays dans la morosité économique. Après la signature en 2003 de la Convention des Nations-Unies sur la Corruption, l’homme fort de Yaoundé lance l’opération Epervier pour mettre fin à l’impunité dans l’administration publique afin de moraliser la gestion la gestion de la chose publique. Dix ans après, faire un bilan sans partie pris, reviendrait au plus courageux des camerounais. L’opération Epervier n’a-t-elle pas été une vraie machine à broyer les opposants au régime ? L’Epervier n’a-t-il pas été abattu par les flèches mortelles de la corruption ? Difficile d’y répondre. La réponse varie de la position d’un observateur à un autre. Toutefois, une unanimité s’est faite comme toujours et dans tous les pays autour des objectifs de départ de l’opération. Dans le cas camerounais, de grands noms sont passés à la guillotine. Accusés à tort ou à raison, ces derniers croupissent dans les geôles du pays pour des années encore en raison de leur implication ou supposée dans une affaire de corruption et/ou de détournement de deniers publics.

 

Jacob Zuma toujours sous la menace de poursuites judiciaires pour corruption...
Jacob Zuma toujours sous la menace de poursuites judiciaires pour corruption…

La Corruption : le diable de l’Afrique du Sud ?

A quoi identifies-tu l’Afrique du Sud ? Chaka Zulu ? Nelson Mandela ? Le Mondial de football en 2010 ? La coupe d’Afrique de 1996 ? La coupe du monde de Rugby en 1995 ?  En tout cas, je suis convaincu que vos réponses oscilleront autour de ces hommes ou événements qui ont fait, font et feront l’Afrique du Sud. Mais sous d’autres cieux, le pays Arc en ciel est connu pour le parfait amour entre ses dirigeants (de l’administration publique ou privée) et le dieu de la corruption s’il en existe un. Plus qu’une gangrène, la corruption est un diable qui attaque le pays dans tous ses états d’âme. Elle aurait même été l’esprit de l’apartheid. Et depuis, un nouveau soleil semble ne pas planer sur le pays. La corruption en Afrique du Sud, elle ronge la police, le président Jacob Zuma et son gouvernement, l’Assemblée Nationale, le Congrès National Africain (ANC), parti au pouvoir, le milieu des affaires et le monde des entreprises. C’est en tout cas ce que révèle de nombreux rapports sur l’état de la corruption qui classe le pays comme l’un des mauvais élèves de la classe en matière de lutte contre le fléau. Une récente étude estime à plus de 112 millions de dollars ce qu’a coûté la corruption au gouvernement fédéral en 2012. Une autre affirme que le pays en entier perd plus de 40 milliards de dollars par an en raison de la corruption. Il y a donc de quoi penser à une vraie portion magique pour sauver le pays d’un diable devenu trop dangereux…

Parler de l’état de la corruption ou de sa lutte en Afrique ne saurait être chose facile. Mais évoquer le sujet sans un coup d’œil vers ce qui se fait chez le géant Nigéria (plus forte population en Afrique) serait un crime de leste majesté. Dernier exemple donc…

 

Pour combien de temps la dame de fer gardera cette mine contre la corruption?
Pour combien de temps la dame de fer gardera cette mine contre la corruption?

Nigéria : Le rêve brisé de Ngozy Okonjo-Iweala ?

Dans le pays des Super Eagles, on dirait bien qu’il n’y ait vraiment pas d’aigles anti-corruption. Réputé comme un pays des pots de vins par excellence en raison des nombreux accords d’exploitation pétrolière et de gestion de ressources minières qui s’y concluent chaque année, le Nigéria fait figure de grosses proies faciles pour la corruption. Une situation que les grandes chancelleries internationales ne cessent de décrier. C’est ainsi que le pays sous l’ère Olusegun Obasanjo, ancien président, se décide de se lancer dans une lutte implacable contre un phénomène aussi assassin que la pollution toxique des cours d’eau du pays par les sociétés d’exploitation pétrolière. Afin d’accroître la lutte, l’ex directrice générale de la Banque Mondiale, Ngozi Okonjo-Iweala est propulsée à coup de millions de dollars comme rémunération en 2011 à la tête du ministère des finances du pays. Connue pour ses normes orthodoxes de gestion et son goût aigu de la transparence, la dame de fer multiplie les actions musclées pour réduire au minimum possible les affres de la corruption dans le pays. De nombreuses campagnes sont lancées et des dispositifs de vidéosurveillance installés dans les administrations publiques afin de dissuader les fonctionnaires d’Etat. Mais la corruption a les oreilles dures, très dures mêmes. A la date de ce 09 Décembre 2013, plusieurs sommités du pays sont citées dans de récurrentes affaires de corruption. Ministres, députés, sénateurs, gouverneurs, avocats, magistrats et mêmes de simples fonctionnaires sont pointés du doigt dans des ténébreuses affaires de corruption. D’anciens hommes forts du pays dont notamment le Général Sani Abacha sont indexés dans plusieurs rapports de corruption à grande échelle et à de longues ramifications à l’international.  Un tour aux postes frontaliers du Nigéria et vous avez le temps de réaliser que la corruption est promue en lettres d’or. Et on peut donc s’écrier si la super ministre des finances Ngozi Okonjo-Iweala perdra-t-elle son combat herculéen ?

En attendant que chacun de vous puisse apporter ses réponses, voici la carte de la corruption dans le monde….