De Rocher Chembessi

Michel Djotodia : welcome back to Benin…

Michel Djotodia et le Palais de la Renaisse: La  fin?
Michel Djotodia et le Palais de la Renaissance : la fin?

He is come back. Michel Djotodia est de retour. Un retour forcé dans sa « seconde » patrie. L’ancien homme fort du Palais de la Renaissance à Bangui retrouve les siens à Cotonou après avoir été poussé à la démission par la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale. L’ancien chef rebelle ayant pris par les armes la destinée du peuple centrafricain fait les frais de sa gestion « hasardeuse » du pouvoir.

Pour nombre d’observateurs, Michel Djotodia n’aurait avec sa rébellion « la Seleka » propulsé la République centrafricaine que dans une ruine. Une guerre fratricide teintée d’une haine religieuse qui a mis un pays totalement à « genoux ».

Mais la démission de Djotodia et son exil au pays de sa femme Chantal Djotodia augurent-ils déjà d’une aube nouvelle pour la Centrafrique ? Michel Djotodia n’est-il pas au finish le seul qui gagne dans cette démission et son exil au Bénin ?

Ce qui est clair, l’ancien rebelle retourne au Bénin avec un nouveau statut. Il mènera une vie plus calme et moins nécessiteuse que ces millions de Centrafricains décimés par la crise politique. Fiché il y a encore quelques années encore par la sûreté béninoise comme un délinquant de guerre, un rebelle, Djotodia y retourne avec la posture d’ancien président. Fut-il de transition, l’homme ne manquera pas d’avoir à Cotonou les honneurs d’un ancien chef d’Etat. Il ne sera pas moins traité que ces anciens chefs d’Etat forcés à l’exil dans un pays tiers dans le monde. Dans les couloirs du pouvoir au Bénin, le ton a été bien donné.

Selon les informations, Djotodia aurait directement eu un échange téléphonique avec Boni Yayi, le président du Bénin peu avant son décollage de Ndjamena. Certainement que Djotodia voulait s’assurer que le Béni, qu’il n’a pas choisi par hasard, met les bouchées doubles pour lui offrir un exil doré. Il en aura eu la preuve à sa descente d’avion. Une délégation gouvernementale conduite par le ministre des Affaires étrangères venue à l’aéroport pour l’accueillir.

Et le décor n’en restera pas là. Le ministre béninois des Affaires étrangères Arifari Bako ayant déclaré sur les plateaux de la télévision béninoise dans le journal de 20 heures que « Djotodia aura droit à un séjour digne de son rang ». De quel rang ? Celui d’un ancien chef d’Etat absolument. Une belle résidence privée, des agents de maison, des gardes du corps, des voitures et de chauffeurs, un protocole ?

Le pactole n’en serait pas bien moins généreux. Le Bénin jouera sa partition. Et le Tchad aussi. Pour son second exil à Cotonou, Djotodia pourrait ne pas connaître le même sort qu’en 2006 où il a été incarcéré pendant 18 mois à la suite d’un mandat d’arrêt émis par le pouvoir de François Bozizé. Mais pour combien de temps ? L’ex-chef rebelle pourrait d’un jour à l’autre être appelé à répondre des atrocités commises par sa troupe dans la prise de pouvoir en Centrafrique. Mais au nom de la paix et de la réconciliation nationale, il pourrait bien y échapper.

Le Pasteur suprême François Bozizé...
Le Pasteur suprême François Bozizé…

A Cotonou, Djotodia comme chez Bozizé !

Avec le nouvel exil officiel de Michel Djotodia au Bénin comme ancien chef d’Etat de la République centrafricaine, la communauté internationale dispose d’une nouvelle preuve des belles amitiés entre les deux peuples. Depuis toujours, Cotonou a été choisie pour être la terre d’exil de nombre de politiciens centrafricains.

Ange Félix Patassé, François Bozizé avaient déjà été annoncés à Cotonou à maintes reprises à la suite des différentes crises politiques qui se succèdent en Centrafrique. Et François Bozizé finit par s’y installer en 1982 après avoir été accusé de conspirer contre le pouvoir du président André Kolingba en mars 1982. Il y devient membre, puis pasteur universel de l’Eglise du christianisme céleste (ECC). Il fut arrêté par l’armée béninoise le 24 juillet 1989 puis extradé vers Bangui. Une extradition que Djotodia n’a pas connue après son arrestation en 2006 par les services secrets béninois. De par sa croyance chrétienne, Bozizé se rend plus d’une fois par an au Bénin pour des visites privées au Saint-Siège de l’église du christianisme céleste situé à l’est de Cotonou. A sa chute du pouvoir, il était annoncé au Bénin où il disposerait des propriétés privées et investirait dans bon nombre d’affaires.

D’ailleurs, quelques Béninois sont passés dans ses différents gouvernements comme ministre et le plus populaire reste l’ancien ministre Zoulkif Salami ayant occupé dans les deux pays le poste de ministre d’Etat. A Cotonou, Bozizé a encore des fidèles. A Cotonou, Michel Djotodia est comme sur la terre de François Bozizé.

Belle coïncidence entre les deux hommes. Maintenant doit-on exclure le retour au pouvoir de Djotodia dans les prochaines années en Centrafrique ? Tant que le pays restera « une province » du Tchad, tout est encore possible…


Ariel Sharon : un incompris s’en est allé…

Ariel Sharon a fait ses adieux...
Ariel Sharon a fait ses adieux…

Le monde entier a appris avec grande émotion la libération de l’ancien leader israélien Ariel Sharon. Je dis bien libération. Oui libération !!!

Après très exactement huit années de vie dans un coma artificiel, Ariel Sharon a enfin été libéré de sa souffrance. A l’annonce de la mort de l’ancien premier ministre de l’Etat hébreu, la communauté internationale reste partagée sur les hommages à rendre à l’homme. Une divergence tout de même légitime.

Dans le monde, il y a ceux qui pleurent la mort d’un héros, mais aussi ceux qui se réjouissent de la disparition d’un bourreau à la main dure. D’une hargne terrifiante, Ariel Sharon aura eu un parcours militaire élogieux en Israël, mais pour le moins très controversé dans le reste du monde. Le peuple palestinien avec son ancien leader Yasser Arafat en ont fait les frais plusieurs années durant. Les attaques contre la bande de Gaza, les bombardements contre les positions militaires, le massacre de civils, en Palestine, en Egypte et au Liban, Ariel Sharon était doué pour proposer les stratégies victorieuses à l’armée israélienne. A lui tout seul, on en associe presque toutes les victoires militaires israéliennes et la poussée de la colonisation juive en Cisjordanie.

Cet Ariel Sharon militairement puissant qui terrorisait le monde arabe, va brusquement disparaître au milieu des années 2000. L’ancien militaire et homme politique très friand des solutions musclées, militaires et rigides se lance presque tout seul dans un processus de pacification avec son ennemi juré. Sous l’égide des Etats-Unis Ariel Sharon entretient des rencontres de négociations directes avec Yasser Arafat. Et c’est en 2004 qu’Ariel Sharon change tangiblement de doctrine et opte pour des accords de paix et de geste de pacification avec l’Etat arabe de la Palestine. Il retire unilatéralement l’armée et les colons israéliens de la bande de Gaza.

En septembre 2005, il fait la promesse supplémentaire de retirer les troupes israéliennes de la Cisjordanie. Et c’était bien là une nouvelle preuve de l’intelligence d’Ariel Sharon qui voulait prendre le dessus sur ses challengers politiques. En effet, il y avait bien des Israéliens lassés par ce conflit de plus d’une soixantaine d’année. En novembre 2005, Sharon crée un nouveau parti centriste : Kadima, ( « En avant » en français) après avoir claqué la porte du Likoud.

Ce changement radical et toujours solitaire fait-il de lui un nouvel homme ou aurait-il des dessous judiciaires. Selon certains, en se réclamant comme un nouveau chantre de la paix, l’homme ferait juste de la diversion. Ce mea-culpa aurait été orchestré pour détourner l’attention des Israéliens sur des affaires embarrassantes de financement politique dans lesquelles étaient impliqués ses fils. Stratégie aussi gagnante puisque l’affaire s’est enterrée d’elle-même surtout avec son état de santé qui s’est détérioré. Ces deux fils à qui la gauche israélienne rend aujourd’hui hommage pour avoir été si près de leur père durant ces huit années de coma.

Mais au grand dam de la communauté internationale, on ne saura jamais quelles ont été les réelles intentions d’Ariel Sharon. La faute à une attaque cérébrale le 06 janvier 2006 qui le conduit dans un coma profond et plus tard à la mort le 11 janvier 2014.

Une seule certitude demeure. La dynamique de pacification enclenchée par Sharon en 2004 est depuis rompue malgré la victoire en 2006 aux élections de son dauphin Ehud Olmert.

Jusqu’où aurait été Ariel Sharon ? L’incompris s’en est allé seul avec son secret…


Bénin : Le vodoun à l’honneur !

vodoun benin 1Ils seront bien des millions d’adeptes du culte vodoun à faire le déplacement du Bénin pour la célébration de l’édition 2014 de la fête des cultes et religions endogènes du Bénin.

 

Comme à chaque 10 janvier, la fête du vodoun instaurée depuis 1992 par le régime du président Nicéphore Soglo drainera un nombre impressionnant d’adeptes et de sympathisants des cultes et cultures endogènes du Bénin dans les couvents et les places publiques pour témoigner leurs croyances ancestrales. A la célébration de cette fête, les dignitaires des cultes traditionnels procèderont à la consultation de l’oracle (communément appelé To Fâ) afin de savoir les prédictions faites sur le pays et ses fils au cours de l’année 2014. Devenue tournante depuis l’arrivée au pouvoir de Boni Yayi, c’est la commune d’Abomey-Calavi, dans le département de l’Atlantique qui accueille les manifestations officielles.

Toutefois, d’autres célébrations seront organisées sur toute l’étendue du territoire national notamment dans les villes qui bordent le littoral béninois tels que Porto-Novo, Ouidah, Grand-Popo où affluent des milliers d’adeptes, de touristes et d’autres curieux pour découvrir la richesse cultuelle du Bénin. Aussi toutes les divinités traditionnelles seront-elles implorées afin d’obtenir la clémence des mannes des ancêtres sur le pays. Et les sacrifices rituels permettront de conjurer le mauvais sort et consolider la paix et la cohésion nationales sur tout le pays.

Pour cette fête, aucun chef traditionnel n’a voulu rester en marge. A cet effet, ils n’ont ménagé aucun effort, ensemble avec leurs fidèles, pour redonner soit une nouvelle image aux couvents, acquérir les bêtes qui serviront pour le sacrifice actuel, ou aménager les places publiques qui abriteront le côté festif de l’événement.

Si tout est enfin prêt pour que la fête soit belle, la seule anicroche reste l’absence probable du Chef de l’Etat aux festivités officielles. Ce qui ne sera pas une première pour Boni Yayi.


France : droits de l’homme à double vitesse

Moukthar Ablaziov bientôt dans les geôles russes?
Moukthar Ablaziov bientôt dans les geôles russes?

Sauf revirement spectaculaire, l’opposant au régime russe d’origine kazakhe, le milliardaire Moukhtar Abliazov sera extradé vers la Russie. Conséquence directe d’une décision favorable rendue ce 9 janvier par les juridictions françaises. Une décision de justice condamnée par nombre de « droits de l’hommiste », qui relance vaillamment la polémique sur une France de deux poids, deux mesures.

De mon Bénin natal, c’est une décision pour le moins invraisemblable. Comment comprendre que la justice française puisse donner un avis favorable d’extradition vers la Russie ? Moscou est-elle devenue fréquentable jusqu’à ce point ? Pour se conforter, la justice française évoque des préjudices astronomiques causés par l’oligarque Abliazov sur le sol russe ? Mais à y voir de près, on peut s’empresser de dire qu’il y a un arbre qui cache la forêt ? Quels intérêts de la France sa justice dite « indépendante » et « impartiale » veut-elle protéger par cette décision ? La récente vague de grâce présidentielle du Kremlin pour libérer des prisonniers politiques est-elle suffisante pour croire à la justice russe ?

Dans une comparaison qui est la mienne, la Russie est-elle plus démocratique que le Bénin ? Quelle garantie la justice russe a-t-elle donnée aux juridictions françaises que celle béninoise a pu méconnaître en son temps ?

Pour qui l’ignore, le Bénin avait aussi sollicité de la justice française l’extradition d’un de ses puissants opérateurs économiques Patrice Talon dans une affaire ayant défrayé la chronique au Bénin. Mais la justice française lui a opposé une fin de non-recevoir pour cause d’absence de garantie de respect des droits de l’homme et de vice de procédure.

A cet effet, on peut s’étonner que la Russie ait pu obtenir gain de cause du tribunal d’Aix-en-Provence pour qu’on lui extrade Moukhtar Ablaziov. Contrairement à nombre d’affaires politiques dans lesquelles la France a refusé d’extrader les mis en cause vers leurs pays d’origine, extrader un homme bien qu’il soit qualifié de « délinquant de grande envergure » ou comparé à l’escroc américain Bernard Madoff vers la Russie, qui de plus n’est pas son pays d’origine laisse place à de nombreuses supputations. Qu’a promis Moscou à la France ? Nul ne saurait le dire ? Mais pourquoi offrir un être humain en sandwich aux autorités russes en pleine crise politique entre Moscou et l’Union européenne pour une affaire financière ?

Sans doute que la justice française s’est décidée de suivre l’exemple londonien qui a avalisé l’extradition de Rafik Khalifa vers l’Algérie pour escroquerie et détournement de deniers publics. La justice française est bien dans ses droits d’extrader qui elle le veut dans les conditions qu’elle désire. Mais n’était-il pas possible de faire condamner Moukhtar Ablaziov pour une peine de prison à exécuter en France ?

D’ailleurs, ils sont bien nombreux dans le monde ceux qui pensent avec désolation et grande amertume que « condamner Ablaziov à l’extradition en Russie ne serait rien d’autre que le condamner à mort ». Pour d’autres, même s’il réussissait à s’éviter une peine de mort, ses conditions de détention pourraient être des plus pénibles au monde.

Christiane Taubira, ministre française de la Justice doit éviter à la France une polémique
Christiane Taubira, ministre française de la Justice doit éviter à la France une polémique

Dans cette affaire donc, la justice française joue gros sur l’image « droits de l’hommiste » de la France. Aura-t-elle les moyens de s’assurer d’un procès équitable pour Moukhtar Ablaziov ? En cas de condamnation de ce dernier, pourra-t-elle lui éviter comme elle semble exiger de la Russie « une peine de travaux forcés » ?

Certes Moukthar Ablaziov a commis de graves crimes économiques contre des millions de personnes en Russie, en Ukraine et dans son Kazakhstan d’origine, mais la France pourra-t-elle sorti indemne de cette affaire juridico-politico-financière ?     Wait and see…


Fait divers au Bénin : un transsexuel confié à la gendarmerie

Le transsexuel dans les locaux de la gendarmerie...
https://www.24haubenin.info/

C’est presque une première dans l’histoire des faits divers au Bénin. Longtemps, des soupçons d’homosexualité ont existé à l’encontre de certains milieux notamment les campus universitaires et le monde du showbiz sans qu’ils ne soient jamais confirmés. Mais c’est avec une situation réelle de transsexualité que la gendarmerie d’Aglangangan, située au sud-est du Bénin, est confrontée.

Dans cette histoire digne de la manifestation du choc des civilisations, c’est un homme qui s’est métamorphosé en femme qui joue à l’acteur numéro 1 du feuilleton. Les faits se sont produits le Jour de l’An dans une banlieue est de Cotonou.

Un homme s’étant rendu dans un maquis pour se rafraîchir y fait la connaissance d’une jeune femme qui se serait laissée séduite par lui. Mais au bout de quelques heures de discussion entre les deux nouveaux « tourtereaux », l’homme réalise que la partie de plaisir est tarifiée.

Le jeune homme qui tenait à satisfaire sa libido, en ce premier jour de l’année nouvelle, ne démord point. Il propose que la partie se joue chez lui, une maison qu’il partage avec son frère aîné. Là, tout se passe très vite.

Il présente sa nouvelle proie en son frère comme étant sa petite amie. Pas de problème, le frère « aîné » accueille et installe avec beaucoup d’affection sa « belle sœur » qui n’a pas manqué de passer à la maison le Jour de l’An. Belle preuve d’amour et de sagesse sans doute. Selon les informations diffusées dans les médias locaux, il aurait offert à sa « belle sœur » des boissons et des amuse- gueules.

Mais quelques instants plus tard, la découverte fut « macabre ». Des aveux du transsexuel, tout se serait passé ainsi. Les préliminaires sexuels seraient dignes d’un film X. D’ailleurs, il n’a pas manqué de révéler que son client n’a pas payé la pipe. En effet, le transsexuel explique « il m’a demandé si je pouvais lui faire la pipe. Je le lui ai fait jusqu’à il a éjaculé ». Mais c’est dans la phase terminale de l’aventure sexuelle que le jeune homme découvre que son amante d’un soir n’était juste qu’un transsexuel. « Après avoir éjaculé, il a demandé pénétration et moi je lui ai dit que je ne fais pas », ajoute le transsexuel.

Sur insistance, le jeune homme réalisera que sa proie n’était qu’un homme. Ce qui l’aurait amené à pousser des cris de secours. Stupéfait par ces hurlements, le frère aîné qui décide de porter secours à son frère réalise aussi la même chose. Ce dernier pense alors à un complot, à une opération de grand banditisme. Furieux, il parvient à embarquer le transsexuel à la gendarmerie locale.

Devant les forces de l’ordre, ce dernier ne nie pas les faits, mais réclame plutôt que son service lui soit payé. Il protesterait pour que son droit soit respecté et qu’on lui paie même des dommages car dans l’histoire actuelle, c’est lui qui aurait subi de « préjudices ».

Selon certaines indiscrétions, c’est sans complaisance qu’il se serait déshabillé à la gendarmerie. Il dit avoir prévenu son client. « Moi, c’est ce que je fais. Et je lui ai bien dit que je ne peux que lui tailler la pipe, et que je ne fais pas pénétration », insiste-t-il. Puis il se désole « Il m’amène ici alors qu’il ne m’a même pas encore payé la pipe que je lui ai faite ».

Pour l’instant, il est maintenu dans les locaux de la gendarmerie pour besoins d’enquête. Les forces de l’ordre voulant s’assurer qu’elles ont à faire avec un vrai transsexuel qui agirait tout seul pour des services sexuels tarifiés ou plutôt à un réseau criminel bien pensé pour spolier les populations.

Affaire à Suivre…