De Rocher Chembessi

Bénin : La grève aura lieu…

Grève au BéninLe mouvement de paralysie générale de la fonction publique de 48 heures annoncée par les centrales et confédérations syndicales du Bénin, pourrait être largement suivi. En effet, de nombreuses organisations syndicales ont appelé leurs militants au strict respect du mot d’ordre.

Les menaces de défalcations de salaire brandies par les autorités gouvernementales pourraient ne pas avoir fait trembler les travailleurs de la fonction publique. Ces derniers sont gonflés à bloc pour mettre en exécution à compter de ce jour la paralysie générale de l’administration publique. Une manifestation qui fait suite à la violente répression de la marche syndicale du 27 décembre dernier à la Bourse du Travail. Ladite répression aurait fait dans le rang des manifestants 23 blessés dont 06 femmes et la plupart des secrétaires généraux de centrales syndicales admis en urgence au Centre National Hospitalier et Universitaire (Cnhu) de Cotonou.

Quelques leaders syndicaux...
Quelques leaders syndicaux…

Et pour les leaders syndicaux, ce mouvement de débrayage collectif de mardi et mercredi ne serait qu’un premier avertissement à l’encontre du pouvoir. Le ton pourrait se durcir si le gouvernement tient mordicus à la « violation des libertés syndicales ». A cet effet, une brigade de veille serait mise en œuvre dans plusieurs services publics du pays par les centrales syndicales ; pour « s’assurer » que les camarades observent le mouvement. Par ailleurs, cette brigade de veille devrait recenser les actes d’intimidations du gouvernement contre les travailleurs qui s’aligneraient favorablement sur le mouvement.

Dans un communiqué rendu public en début de semaine, les confédérations syndicales du Bénin déclarent qu’on assiste « depuis ces derniers temps aux violations fragrantes et quotidiennes des libertés élémentaires, notamment par l’interdiction de marche pacifique des travailleurs ; la violation des franchises de la bourse de travail; l’interdiction d’accès aux médias publics aux organisations syndicales et enfin des défalcations sur salaires pour des grèves légitimes et légales ».

Hier lundi, plusieurs assemblées générales ont été organisées dans les services publics. Il en ressort que le mouvement pourrait être largement suivi car de nombreux syndicaux y adhèrent. Tous les secteurs d’activité pourraient être touchés. Même les syndicats des médias publics ont appelé leurs militants à la grève.  Le Bénin pourrait donc tourner au ralenti avec une économie paralysée.

Les centrales syndicales espèrent à la suite de ce mouvement d’avertissement « le respect scrupuleux et la jouissance sans entraves des libertés démocratiques et syndicales, la garantie de la sécurité à tous les citoyens, surtout des responsables syndicaux, des responsables des partis et organisations ne partageant pas les mêmes points de vue que le pouvoir ».

Aussi, espèrent-elles que ce mouvement amènerait le gouvernement à se pencher sur la sulfureuse question d’augmentation de 25% du point indiciaire à tous les agents de l’Etat décidé en 2011 par le gouvernement, la restitution des défalcations « arbitraires » sur salaire pour fait de grève « licite » et le relèvement du salaire  minimum à hauteur de 60.000 FCFA (environ 93 Euros) dans le secteur privé et parapublic.

Placide Azandé, le Préfet de l'Atlantique-Littoral
Placide Azandé, le Préfet de l’Atlantique-Littoral

Toutefois, les centrales syndicales veulent faire rendre gorge à toutes les autorités qui seraient impliquées dans la bastonnade du 27 décembre dont elles ont été victimes. A cet effet, elles exigent le « limogeage » et  le « jugement » du préfet de l’Atlantique Placide Azandé et du commissaire central de Cotonou, Pierre Agossadou pour violation des libertés démocratiques et syndicales. Dans leur viseur, le service des sapeurs pompiers, qui à leur dire, ne serait pas venu sur les lieux de la répression pour secourir les blessés et les référer à l’hôpital.

Pierre Agossadou, commissaire central de Cotonou
Pierre Agossadou, commissaire central de Cotonou

Avec toutes ces récriminations des centrales syndicales contre les autorités gouvernementales, on craint le pire dans le pays. Certains n’hésitent pas à annoncer que c’est le début d’une fin de mandat agité pour le chef de l’Etat, qui constitutionnellement est dans le dernier virage et de son deuxième et dernier mandat présidentiel qui prend fin le 06 Avril 2016 à 00 heure.

C’est sans doute pourquoi on annonce du côté du gouvernement qu’il s’agirait plutôt d’une grève politique. Et de nombreux partisans du chef de l’Etat ont appelé les travailleurs de leurs régions à se désolidariser du mouvement. « Le Président de la République ne mérite pas cela » ont lancé la plupart d’eux au cours de nombreux meetings politiques durant le week-end.

Reste à savoir qui l’emportera entre gouvernement et syndicat. Seule victime, le pays dont la vitrine est totalement mise en mal.


Les mariages collectifs, une nouvelle tendance

Le premier mariage collectif célébré après la mort de Mun, Corée du Sud (Février 2013), source RFI
Le premier mariage collectif célébré après la mort de Mun, Corée du Sud (Février 2013), source RFI

Désormais, ils sont célébrés dans le monde entier. Pour certains, ils le sont pour des convictions religieuses. Pour d’autres, ils le sont en raison des difficultés financières et économiques.

 

Mais la belle trouvaille des autorités de Kano qui viennent de les populariser est d’affirmer que ces mariages collectifs avec des personnes qui se connaissent à peine pourraient lutter contre l’« immoralité » qui sévit dans la société nigériane.

Les mariages collectifs célébrés en grande pompe, c’est avec l’Eglise de l’unification du révérend père Sun Myung-Moon que le monde le découvre.  Celui qui présentait son œuvre comme la manifestation de la seconde venue de Jésus-Christ aura célébré des centaines de mariages collectifs et uni des milliers de couples dans le monde. Des mariages entre inconnus qui réaffirmaient ainsi leur attachement devant Dieu. Une belle manière sans doute de faire triompher la « morale » sur toute la planète.

Des futures mariées collectivement à Kano, Décembre 2013, Source : Internet
Des futures mariées collectivement à Kano, Décembre 2013, Source : Internet

Et c’est bien au nom de cette conviction religieuse que les autorités nigérianes de l’Etat de Kano, ont lancé un vaste programme de mariage collectif. Une union maritale entre des personnes qui se connaissent à peine et surtout entre des femmes divorcées et des jeunes gens rendus vulnérables par le chômage et une très controversée loi islamique de la charia. En dix-huit mois, quatre grandes cérémonies du genre parrainées par le gouvernement local ont été déjà organisées. Et plus de 4 461 couples se sont déjà dit « oui » avec la nouvelle formule de mariage. Le gouvernement  finance la  noce à hauteur de 10 000 nairas (65 dollars) et offre également des meubles et des ustensiles de cuisine.

Sous d’autres cieux, ces mariages sans « amour », arrangés ne le sont pas toujours au nom de la religion, encore moins d’une certaine restauration de valeurs. Pour des raisons économiques, ils sont même devenus la formule très prisée dans certains milieux reculés de l’Asie, de l’Amérique du Sud et dans quelques pays d’Afrique.

Il y a deux ans en Inde, ce sont environ 3 600 couples qui se sont formés dans un élan collectif et presque avec les mêmes rituels comme sous l’empire Moon pour  » attirer l’attention  » sur la situation des paysans très endettés. Pour ces milliers de mariés du même jour, il fallait diminuer le coût de l’organisation.

Scénario presque identique en Tunisie et au Burkina Faso où quelques dizaines de couples font de leurs noces des cérémonies groupées. Elles ont lieu sous le parrainage des associations caritatives, des autorités publiques et sont très prisées par des sectes pour maintenir leur influence sur leurs fidèles.

Et c’est aussi une formule affectionnée depuis quelque temps par les églises. Qu’elles soient catholiques, protestantes ou évangéliques, ces maisons de foi marchent désormais sur les traces de la révélation de Moon.

Le mariage de Kate et William en Grande Bretagne...
Le mariage de Kate et William en Grande-Bretagne…

Quand le mariage perd de son « intimité »…

Pour justifier  une pratique pas toujours bien applaudie, chacun y va de ses beaux arguments. Mais le drame est quand on l’impose à des gens qui ne l’ont pas souhaité. Et c’est bien la particularité du système nigérian. Au nom de la charia appliquée depuis 2001 dans l’Etat de Kano, les mariages arrangés sont imposés à tous. Ils n’épargnent ni chrétiens, ni adeptes des religions endogènes. Et les autorités locales veillent à ce qu’aucun de ces mariages ne se termine par un divorce. Les coupables risquent gros…

C’était bien avec le formatage psychologique que Moon a fondé sa doctrine des mariages collectifs. Selon le révérend : « Ce sont des mariages établis par l’autorité de Dieu pour la paix mondiale… ». On est donc bien loin de penser à un quelconque divorce. Les coupables risquent gros…

De l’arrangement de ces unions aux pharaoniques cérémonies de mariages collectifs, à la vie de couple, il est bien difficile de trouver de réelles traces d’amour et une belle intimité qui auraient caractérisé un mariage choisi librement.


Bénin : 2014 est politiquement « mal » partie…

Boni Yayi
Boni Yayi, Président de la République du Bénin

Au Bénin, on savait la tension politique très vive au cours de l’année 2013. Mais elle pourrait bien être explosive en 2014. Le ton d’une année politique très agitée au Bénin a été donné seulement quelques jours avant le nouvel an. De la répression de la marche des centrales syndicales, du rejet du budget de l’Etat par l’Assemblée Nationale, de la censure de ce vote par la Cour Constitutionnelle à la prise d’ordonnance pour son exécution par le Chef de l’Etat, tous les ingrédients se réunissent à petits coups pour que la scène politique en 2014 au Bénin soit bien agitée.

Officiellement, 2014 n’est pas une année d’élections au Bénin mais les violentes invectives entre acteurs politiques ne manqueront pas dans le quotidien des béninois. Et s’il arrivait que les élections communales et locales avortées de 2013 s’invitent dans le calendrier politique de 2014, les thuriféraires politiques du pays auront de quoi se régaler davantage. Mais en attendant, il y a bien d’autres sujets qui feront monter le mercure politique.

La scabreuse affaire dite de tentative d’empoisonnement et/ou tentative de coup d’Etat contre le président de la République Boni Yayi ne restera pas du leste. Le feuilleton juridico-politique de l’année 2013 sera au sans doute une fois encore au premier plan des sujets qui feront bouger la platine politique du Bénin en 2014.

Patrice Talon, le nouvel épicentre de la politique béninoise?
Patrice Talon, le nouvel épicentre de la politique béninoise?

Le refus d’extradition du supposé commanditaire de ces atteintes à la vie du chef de l’Etat par les autorités judiciaires françaises n’a point ébranlé les ardeurs des sbires du régime au pouvoir. Ces derniers qui se disent « chiens d’attaques de Boni Yayi » ont menacé de s’en prendre à toute personne qui oserait s’y prononcer sans soutenir le président de la République.

Par ces déclarations intervenues en fin d’année 2013, « les chiens d’attaques de Boni Yayi », montreraient clairement que le dégel de la tension politique devrait être la chose à laquelle le peuple béninois devrait s’attendre le moins en 2014. Et l’ex magnat du coton béninois Patrice Talon sera, peut-être malgré lui, l’un des agitateurs de la classe politique béninoise en 2014.

Lazare Sèhouéto, Coordonnateur de l'Union fait la Nation
Lazare Sèhouéto, Coordonnateur de l’Union fait la Nation

Du côté des autres forces politiques notamment la coalition « l’Union fait la Nation », on garderait sans doute la même hargne de 2013 à laquelle se mêlent haine, ridiculisation, indifférence envers le régime Boni Yayi.

Des anciens compagnons de Boni Yayi passés dans l’opposition, eux pourraient bien en rajouter à la braise politique. Et le signal de leur radicalisation s’illustre bien avec la création récente d’un groupe parlementaire et le vote presque à leur unanimité (bien que le vote ait été secret) du budget général de l’Etat-gestion 2014. Déjà, ils sont indexés comme de nouvelles marionnettes à la solde de Patrice Talon. Ces « rebelles » emmenés par l’ancien ministre de l’Industrie Candide Azannaï sont même devenus la cible d’attaque des fidèles du chef de l’Etat.

La fouille minutieuse très récente d’un des leurs, le député Nicaise Fagnon à l’aéroport international de Cotonou, et les « menaces d’arrestations » dont aurait fait l’objet le député Rachidi Gbadamassi, peuvent être assimilées à une provocation de trop du pouvoir contre ces nouveaux « cauchemars » politiques. Ce qui peut bien rendre la tension politique assez féroce en 2014.

marcheS’il y a une frange de la population qui serait embarquée dans la probable guéguerre politique de 2014, c’est bien la classe syndicale. Au lendemain de la violente répression de leur marche en fin du mois de décembre, les leaders syndicaux ont promis l’enfer pour le gouvernement. De folles menaces, si elles arrivaient à être mises en exécution ne feraient qu’enfoncer le clou de la tension politique.

Dans cette cohorte de meneurs de la lutte politique au Bénin,  le citoyen « lambda » sera bien de la partie. Il ne manquera point de réagir face aux nombreuses incohérences et manœuvres attentatoires des leaders politiques du pays.

Le Bénin de 2014, pas sûr qu’il soit politiquement correct…


France : exit les riches ?

Hollande peut se réjouir dans maintenir la France dans le virage à "gauche"
Hollande peut se réjouir de maintenir la France dans le virage à « gauche »

François Hollande a réussi son coup de l’année. En validant la loi sur la taxe de 75 % pour les entreprises à gros revenus, la Cour constitutionnelle vient d’encenser la politique fiscale de la gauche au pouvoir en France.
Mais la Cour a-t-elle eu la bonne idée ?

Jérome Cahuzac, ancien ministre de budget de la France...
Jérome Cahuzac, ancien ministre de Budget de la France…

L’affaire fait grand bruit dans l’Hexagone depuis février 2012. En pleine campagne électorale de la présidentielle de 2012, le conseiller en fiscalité du candidat socialiste lance la brèche. Jérôme Cahuzac, devenu plus tard ministre du Budget de François Hollande au terme du scrutin présidentiel annonce dans les médias que le candidat de la gauche se préparerait à imposer une taxe à 75 % sur les grosses fortunes de France. Nombre de soutiens de François Hollande s’en défendent. Mais à l’arrivée, l’ancien ministre du Budget empêtré plus tard dans une affaire de fraude fiscale ne s’était pas trompé.

Face aux dures réalités de la récession économique qui secouent la France, le président Hollande se saisit du dossier de la loi sur la taxe à 75 % pour les entreprises à gros revenus. Une loi qui s’appliquerait aux entreprises qui paient plus d’un million d’euros comme salaire mensuel à leurs employés. Cette taxe exceptionnelle dite de « contribution exceptionnelle de solidarité », devait s’appliquer pendant deux ans aux revenus d’activité excédant 1 million d’euros. Elle devrait toucher environ 1 500 personnes qui devraient s’acquitter en moyenne de 140 00 euros.

Après de vives polémiques sur le sujet, l’Assemblée nationale majoritairement acquise à la cause de la gauche vote pour le oui. Patatras, la Cour la censure quelques semaines plus tard. Mais voilà, la Cour constitutionnelle qui, après avoir suggéré quelques amendements à certains articles de la loi valide le texte. Désormais, c’est fait. Et la France se (re) divise autour d’une loi longtemps querellée.

Ces Français qui soutiennent la taxe à 75 %…

Membres du courant socialiste, ou issus des milieux pauvres majoritairement , ils sont bien des millions de Français à adhérer au principe de la taxe à 75 %. En effet, ceux-ci soutiennent prioritairement que rien ne peut justifier des revenus aussi exorbitants. D’autres estiment qu’elle a bien du sens autant sur le plan politique que symbolique. François Hollande voudrait marquer son règne par un cachet particulièrement socialiste. Et il le faut ! Par cette loi, Hollande défendrait symboliquement l’essence première du socialisme qui se rattache aux classes ouvrières, ou celles à revenus faibles. Certains estiment que cette loi se justifie par l’écart trop grand entre les salaires en France. La loi devrait conduire à un plafonnement des salaires. « Dans une société, il doit exister un salaire maximum, comme il existe un salaire minimum » estime Jean Viard, directeur de recherche au CNRS, pour manifester son soutien au texte. Toutefois, il nuance. Comme certains Français, il rejette l’application de cette loi à certaines professions dont notamment les artistes et les footballeurs. Il y a bien d’autres soutiens modérés pour la loi. Ceux-ci réclament une impartialité et une clairvoyance dans son application. En plus des travailleurs de certains secteurs, ils espèrent que la loi ne soit pas appliquée aux investissements productifs pour l’économie nationale. Mais ces nombreuses réserves même dans le camp des soutiens de la loi ne justifient-elle pas la position anti- taxe à 75 % ?

Ces Français qui craignent une confiscation de la richesse…

Bien que dépités, il est bien possible que ces Français qui s’opposaient à la taxe exceptionnelle de 75 % maintiennent leur position. On les savait proches de l’UMP ou de l’extrême droite, ces Français qui criaient au scandale autour de cette politique fiscale. Mais c’est bien dans toutes les couches sociales et politiques de la France qu’on retrouverait les opposants à la taxe de 75 %. Qu’ils soient employés ou chefs d’entreprises, de la gauche ou de la droite, leur cri d’alarme s’accorde sur le fait que cette loi « ne profiterait » pas à la France. Elle serait tout simplement une loi « anti-riche ». Ils craignent aussi qu’elle fasse plus de deux ans comme prévu par le texte actuel. Pour certains analystes, ce texte est tout simplement du « non-sens » qui inciterait à l’expatriation et à la fraude fiscale. D’autres bien que favorables à ce que les riches payent beaucoup d’impôts estiment que cela ne devrait qu’être proportionnel à concurrence de leur richesse. Une taxe standard de 75 % ne conduirait qu’à « appauvrir » les riches et « affaiblir » l’économie française. En août 2013, le président du Medef, Pierre Gattaz avait espéré qu’elle puisse disparaître. Gilles Carrez, député UMP, président de la Commission des finances à l’Assemblée nationale suppose que la taxe à 75 % relèverait moins du droit fiscal que l’idéologie. De la délocalisation des entreprises françaises, la taxe à 75 % serait un tremplin pour la fuite des forces productives françaises. Des exilés fiscaux de la France, on pourrait en compter des dizaines au fil des années prochaines. Ceux qui constituent la haute main-d’œuvre de conception et même technique pourraient au début de l’année 2014 faire leurs valises pour d’autres pays concurrents de la France. De nouveaux Gérard Depardieu, Bernard Arnault, ça craint. C’est pourquoi le leader du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon la jugeait « absurde ».

Dans ce nouveau débat français des conséquences futures de la validation de la loi sur la taxe à 75 %, il n’y a point de doute que toute la France s’accorderait sur le fait qu’une grande réforme de la fiscalité française est nécessaire pour sortir le pays des méandres de la récession et/ou de la crise économique.


Bénin : Les « réalisations » de Boni Yayi en 2013

Yayi à l'assembléeLe Chef de l’Etat béninois était face aux députés de l’Assemblée Nation pour son traditionnel discours sur l’état de la Nation. Comme l’exige la Constitution du pays, le Président de la République se devrait de se prêter à cet exercice de reddition de comptes afin de présenter au peuple béninois les grandes réalisations des douze derniers mois et les projections de son gouvernement pour la nouvelle année qui s’annonce.

D’entrée, Boni Yayi a tenu à prouver sa gratitude aux parlementaires béninois pour leur contribution au raffermissement de la démocratie nationale et au progrès socioéconomique du pays par le vote au cours de l’année 2013, de nombreuses lois et autorisations de ratification de convention et d’accords de prêts. A ses dires, le parlement a par cet acte soutenu les efforts quotidiens du gouvernement pour le soulagement des souffrances des béninois et contribuer à la création des conditions favorables à la modernisation de l’économie nationale. De son côté, le gouvernement n’aurait ménagé aucun effort pour renforcer sa vision du développement du pays, a fièrement fait remarquer le Chef de l’Etat.

Le gouvernement de la « refondation » a-t-il vraiment contribué à l’intensification des réformes, la modernisation de la démocratie béninoise, la lutte contre la pauvreté, à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) au cours de l’année 2013 qui s’achève ? A cette question, Boni Yayi semble convaincu d’avoir mis en œuvre de grands projets gouvernementaux dans ce sens. En effet, l’homme arrivé au pouvoir le 06 Avril 2006 en faisant campagne pour « le changement », réélu en 2011 avec une idéologie refondatrice, soulignera que son gouvernement a obtenu de nombreuses avancées sur le plan de la gouvernance politique et administrative, de la gestion de la justice sociale et de la solidarité nationale ainsi que de la gouvernance économique.

Conscient des insuffisances dans la mise en œuvre des principes démocratiques au Bénin, Boni Yayi se félicite d’avoir « préservé » la paix et la cohésion nationales fondamentales à la « construction » d’une Nation. Toutefois, il existe bien d’éléments indispensables à la consolidation de cette démocratie. Il s’agit de la correction effective de la Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI), de l’organisation des élections communales et locales, la mise en œuvre effective des dispositions de la loi portant lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite, le respect de l’indépendance des institutions de la République notamment l’appareil judiciaire.

A l’Assemblée Nationale, Boni Yayi se défend d’avoir œuvré pour l’amélioration des conditions de vie matérielle des populations béninoise. Aussi le gouvernement aurait-il réalisé « une transformation sociale qui vise à répondre à l’exigence de la gestion de la justice sociale et de la  solidarité nationale ». La sécurité sociale mise en œuvre par le régime au cours de l’année 2013 se serait axée sur la promotion et l’autonomisation de la femme ainsi que l’intégration des personnes handicapées et des personnes âgées dans le tissu social. A cet effet, il fait mention de l’opérationnalisation du Régime Assurance Maladie Universelle (Ramu) dont le lancement a été fait en tout début de l’année 2013.

Le chef de l’Etat est aussi revenu dans son adresse aux élus du peuple sur le développement économique du Bénin. Et ce volet de son discours a laissé place à de nombreuses méfiances des Béninois en raison des chiffres évoqués, Boni Yayi parle en effet d’une croissance économique attendue de 6,2% pour l’année 2013. Une croissance qui résulterait des « performances » enregistrées dans tous les secteurs, notamment dans la production agricole et la compétitivité du Port Autonome de Cotonou.