De Rocher Chembessi

CoP 19 : De longues, folles, rudes négociations pour du vent ?

logo_COP19-300x266La 19ème Conférence des Parties sur le Climat (CoP19) tenue à Varsovie (Pologone) aura-t-elle permis de poser les jalons d’un nouvel accord mondial sur les changements climatiques ? Fut-elle l’autel d’un nouvel engagement pour la réduction des changements climatiques ou tout simplement celui du crucifix pour les millions de victimes dans le monde ?

Les différents événements survenus aux négociations de Varsovie, font croire que la CoP 19 aura été une partie de bal des « incapables » et de « prétentieux » sans vergogne. En effet, les délégués des 192 Etats prenant part aux travaux auraient fait preuve d’une légèreté pour les uns (pays pauvres) et d’une fermeté pour les autres (pays en développement), d’un mauvais arbitrage pour certains (USA, Union Européenne, etc…) préjudiciables pour des millions d’hommes, d’animaux, de végétaux, d’océans dans le monde. La CoP 19 annoncée comme la grande croisade mondiale contre les changements climatiques en prélude à la Conférence de Paris en 2015 a juste accouché d’une souris. Un accord in extremis et aux minima, obtenu au lendemain de la fin officielle des négociations. Et les Organisations Non Gouvernementales (ONG) n’ont pas manqué de manifester leur désarroi à la vieille de la fin des négociations qui s’annonçaient totalement infructueuses. Dans un sursaut d’orgueil, qu’on pourrait même qualifier de dernière minute, celles-ci ont boudé la conférence en quittant le stade national de Varsovie qui abrite les travaux de la conférence. Du spectacle ? Nul ne saurait le dire.

Varsovie : la marche à reculons ?

Avec la manifestation des grandes ONG mondiales, le monde entier a été alerté sur la cruauté de certains Etats dont notamment la Chine, l’Inde, le Japon, l’Australie, le Canada, et de certains pays européens sur leurs objectifs d’émission de gaz à effet de serre. Et l’objectif annoncé à la CoP 18 à Doha (Qatar), de contenir à moins de 2°C le degré de réchauffement de la planète par rapport à l’ère préindustrielle semble une utopie. Varsovie, bien qu’elle ait été le théâtre des plus longues, rudes et folles discussions autour du climat, arbore une disgracieuse tunique d’échecs et de simulacres. En plus de la position suicidaire adoptée par certains Etats, la remise en cause du marché carbone, la présence à Varsovie de certaines firmes multinationales, des lobbyings pro-nucléaire, montre ô combien les prochaines joutes verbales à Pérou (CoP 20) et en France (CoP 21) seront indécises. Et les ONGs présentes à Varsovie ont manifesté leur surprise sur la présence des groupes miniers, des automobilistes, des groupes mobiliers, etc…, dans le cycle des négociations. Elles affirment même que c’est une nouvelle chimère pour les pays pauvres car ces grands groupes soutenus par leurs Etats devraient prioritairement défendre leurs intérêts. Selon des informations rapportées par la presse internationale, le négociateur américain Ted Stern aurait même déclaré qu’il « faut laisser l’idéologie à la porte ». Ce qui suppose qu’il ne peut avoir de traitement différencié entre pays développés et pays en développement. Doit-on craindre la fin de la responsabilité sociétale des grandes puissances face aux effets des changements climatiques ? Peut-on espérer un accord réaliste et imposable à tous les Etats en 2015 ? L’échéance de 2020 pour la mise en œuvre d’un nouveau protocole d’accord sur l’émission des gaz à effet (GEZ) de serre sera-t-elle respectée ? Quel avenir donc pour le fonds vert pour le climat ?

Varsovie : la Conférence des incertains ?

Bien malin qui pourra répondre à toutes ces interrogations suscitées par les assises de Varsovie. Déjà, l’Organisation Météorologie Mondiale (OMM) annonce un nouveau pic exceptionnel de concentration de CO2 dans l’atmosphère avec une trajectoire de réchauffement de la planète estimée à près de 4°C. Dans une logique peu honnête, une assurance a été tout de même donnée aux pays en développement (sur insistance de ces derniers) pour la mobilisation des 100 milliards de dollars d’ici 2020 promis à Copenhague par les pays riches pour financer les projets d’adaptation aux changements climatiques. Mais pas tout à fait convaincant. Le risque d’implosion est bien visible. Avec le spectacle de Varsovie, on court vers une tendance mondiale de méconnaissance et d’inapplication des accords de réduction de gaz à effet de serre. Des pays dits « puissants » se donneront le luxe de payer pour réchauffer davantage la planète. Dans cette pathétique conférence, Ban Ki-Moon, Secrétaire Général des Nations-Unies, qui rassure les pays pauvres d’une mobilisation probable des ressources de financement de l’adaptation des populations pauvres aux changements climatiques et non pas de l’atténuation, en appelle au secours des villes, qui selon lui seraient « les moteurs de dynamisme et de créativité, les milieux propices à nos efforts pour combattre le changement climatique, concevoir et parvenir rapidement au progrès et au développement plus équitables ». L’autre fait marquant de la Conférence de Varsovie a été le limogeage du ministre polonais de l’Environnement, Marcin Korolec, qui présidait les négociations suite à un remaniement ministériel survenu en Pologne. Pis encore, la Pologne qui accueillait les négociations a défendu son indépendance pour l’exploitation de son charbon et probablement sur celle du gaz de schiste.

De Varsovie à Paris : Encore un long et pénible chemin pour un accord plus ambitieux, réaliste et contraignant sur les changements climatiques !


JIF vs JIH: Qui gagne?

Le match pourrait ne pas durer...
Le match pourrait ne pas durer…

Il n’est point de jour dans le calendrier romain qui ne soit dédié sur le plan international à la célébration d’une cause commune. Faites-en vous même le constat. Elle peut être scientifique, médicale, humaniste voire personnifiée du genre Mandela Day. De ces journées pompeusement célébrées sur le plan international, il a une qui fait recette auprès de la gente féminine. La Journée Internationale de la Femme (JIF), célébrée tous les 8 mars de chaque année, mobilise les uns et les autres autour de ce qu’il conviendrait d’appeler les « inégalités basées sur le genre » qui mettraient la femme en position faible face à l’Homme. A priori, cette caricature de la situation de la femme serait la plus réaliste au regard de plusieurs éléments dont notamment les problèmes de ménages, l’accès à l’éducation et à un certain nombre de métiers.

Mais dans une autre analyse, cela pourrait se révéler comme une fausse considération. Et de nombreuses études tentent de le démontrer. Bien des hommes sont aussi victimes de ces « inégalités et violences basées sur le genre ». Les exemples foisonnent à tous les coins du globe et dans plusieurs domaines. Et depuis, la mobilisation des hommes s’intensifie dans le monde et particulièrement dans les pays occidentaux pour « réclamer justice ». Mieux encore, certains dont le professeur Jerome Teelucksingh ont milité pour l’instauration en 1999 de la Journée Internationale de l’Homme célébrée le 19 Novembre. Elle devrait permettre d’attirer l’attention de l’humanité sur les inégalités, les discriminations et autres préjugés dont est victime la gente masculine.

Mais qui aime les comparaisons doit réaliser que la Journée Internationale de l’Homme semble s’ériger tout doucement en un non événement. On dirait bien qu’elle n’intéresse pas grand monde. Dans un pays comme le mien, aucune manifestation officielle ou même officieuse d’une simple organisation de la société civile ne lui a été consacrée. Que dire si même une seule déclaration ne lui a été consacrée par la ministre de la famille. Une journée internationale passée donc sous silence ! Et il y a bien d’autres qui le sont, me diriez-vous. De mon intime conviction, je doute fort qu’elle ait bénéficié des mêmes honneurs dans vos pays comme en jouit la JIF. Afin de comprendre cette inaction collective autour de la journée dédiée au sexe « fort », je réalise en tout premier lieu qu’il n’est que victime de sa virilité extrême et de sa domination légitimement héritée du Créateur. En effet, c’est cette posture traditionnelle connue de l’Homme et mieux encore sa manifestation qui ont conduit à l’instauration et aux célébrations tonitruantes de la Journée Internationale de la Femme dans le monde. Est-on en faux de penser que cette journée est aussi victime de la faible représentativité de l’homme sur l’échelle de la population mondiale en termes de genres. Aussi, la plupart d’entre eux, n’auraient-ils pas le temps pour consacrer une journée à eux en vociférant sur la place publique pour comme les autres réclamer « leurs droits. » Et cela est bien juste car il fallait user de ce temps pour rechercher notamment dans les milieux ruraux la pitance de toute la famille. Bien quelques uns, notamment en situation conflictuelle pour divorce avec leurs anciennes épouses ont pu se faire entendre dans les pays occidentaux, la journée internationale de l’homme a bien du plomb dans l’aile. Et rien ne lui augure d’un avenir doré. Et quand on réalise qu’elle passe sous l’ombre de la journée internationale des toilettes célébrée le même jour, on a bien des raisons valables de craindre qu’elle ne soit vite projetée dans les fosses archivistiques de la communauté internationale.

JIF vs JIH : Qui gagne ? A chacun son pronostic…

PS : Sans doute qu’on pourrait avoir au Bénin une célébration en différée, mais j’en doute très fort…


Urgent!

Les Organisations Non Gouvernementales et les acteurs de la société de la Civile présents à Varsovie pour la Conférence des Parties (Cop19) auraient décidé de se retirer des négociations, pour disent-elles, protester contre l’absence d’un dialogue production notamment pour les pays en développement qui puissent permettre d’espérer un accord sérieux et réaliste sur le climat…

Crédit Photo : Hamzat B. Lawal (Varsovie)
Crédit Photo : Hamzat B. Lawal (Varsovie)


Mondial 2014 : Ces « singes » qui qualifient la France.

Les deux héros de la qualification de la France...
Les deux héros de la qualification de la France…

La France sera bien présente à la Coupe du Monde de Football au Brésil en 2014. L’équipe de France de football a décroché son précieux sésame dans une époustouflante rencontre face à une équipe d’Ukraine défensivement dimuniée. La qualif de la France, on la doit certes à un collectif retrouvé pour ce match mais aussi aux merveilleuses inspirations des buteurs de la soirée. Et ces buteurs qui ont envoyé la France sur la somptueuse terre du football ont un nom. Ils ont une identité. « Malins comme un signe », Karim Benzema et Mamadou Sakho ont fait l’essentiel du boulot pour l’équipe tricolore.

Arabe d’origine algérienne, Karim Benzema et son compère malien d’origine, Mamadou Sakho ont sans doute envoyé un message fort à tous ces 18% de Français de l’extrême droite qui revendiquent une France à la France et aux Français. Buteurs décisifs d’une importante soirée de football pour la France, ces africains de France ont pour certains rendu justice à la ministre de la justice Christiane Taubira, cible de nombreuses insultes racistes depuis quelques semaines en Hexagone. Aussi, doit-on voir dans cette belle performance que la France reste un pays multiracial dont l’histoire est intimement liée à celle de millions d’Africains. Contrairement à son prédécesseur Laurent Blanc qui s’est auto-flagellé par une rocambolesque affaire d’équipe de France de Français de souche qui n’aurait fondamentalement rien apporté de positif au foot français, Didier Deschamps aura eu le mérite d’avoir remis en scelle une France de football multiculturelle pour honorer le drapeau tricolore. Mieux encore, bien d’autres joueurs d’origine africaine ont été alignés par Deschamps dès l’entame de la partie ou ont participé à cette belle victoire. Paul Pogba (Guinée), Blaise Matuidi (Angola), Bakary Sagna (Côte d’Ivoire) étaient de ces « singes » qui ont étalé toute leur malice et leur robustesse dans la rencontre. Et il n’en fallait plus pour que quelques défenseurs de la cause des minorités de France demandent que cet exploit soit dédié à ces milliers de Frances victimes du racisme et de la montée des idéologies de l’extrême droite. Dans exactement huit mois, la Marseillaise sera bien au rendez-vous dans les stades brésiliens grâce à ces singes qui ont merveilleusement qualifié la France pour le Mondial 2014.

« Singes » et fiers de l’être….


Mondial 2014 : Bravo la France !

Des bleus en lieisse après leur qualif au Mondial 2014...Même dans la douleur, ils y sont parvenus. L’équipe de France de football a déjoué pour le match retour des barrages du Mondial 2014 tous les pronostics qui ne la voyaient pas renverser la vapeur au Stade de France. Après avoir été malmenés et défaits par deux buts à zéro à Kiev par l’Ukraine, les Bleus ont montré tout un autre visage devant un peu moins de 80 000 spectateurs venus au Stade de France pour les pousser à la victoire. Surchauffés à bloc par les nombreuses critiques de l’après-déroute de Kiev, les Bleus se sont montrés très solidaires dans le jeu. Combattive, l’équipe concoctée par le sélectionneur Didier Deschamps a fait forte sensation devant une Ukraine stéréotypée. Pas de round d’observation pour une équipe de France qui ne veut point manquer l’historique messe du Brésil. Après trois minutes de jeu, Valbuena, titularisé à la place de Sami Nasri, décroche une frappe croisée qui sera stoppée par le gardien ukrainien. Mais ce n’était que le début d’un beau festival de Hugo Lloris et ses coéquipiers qui maintiendront les pieds sur l’accélérateur. A la fin des 45 premières minutes, l’essentiel est fait. La France est revenue à la hauteur de l’Ukraine par deux somptueuses réalisations de Mamadou Sakho (22’) et de Karim Benzema (34’). A cet instant, il ne manquait qu’un seul petit but pour Ribéry et ses amis afin de valider leur ticket pour le « pays de la samba ». Et bien que l’Ukraine présente comme à l’accoutumée un jeu défensif très rugueux, elle finira par s’écrouler sur un but contre son camp à la 72 minutes de jeu du très malheureux Oslev Gusev rentré dans le match huit minutes plus tôt. En gardant ses cages inviolées jusqu’au coup de sifflet final, la France décroche son sésame pour participer à sa 14e Coupe du Monde de football de la Fifa. Et l’euphorie était son comble pour magnifier cet énormissime exploit des Bleus dont on ne vendait pas cher la peau avant ce match retour.

Morceaux choisis

« C’est souvent le cas de la France. On ne prend pas par le chemin le plus direct. C’est mérité. » , François Hollande, président de la République française

« Ce soir on a fait grand match. C’est très important d’être au Brésil. C’est la magie du foot », Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de France

« Quand tous les Français se mobilisent et regardent dans la même direction, il n’y a que du beau… » Mamadou Sakho, défenseur central et auteur du premier but de la France

« Ce soir, on a montré qu’on était une grosse équipe » Karim Benzema, attaquant et auteur du deuxième but de la France.

La qualif de la France, on la doit certes à un collectif retrouvé pour ce match, mais aussi aux merveilleuses inspirations des buteurs de la soirée. Et ces buteurs qui ont envoyé la France sur la somptueuse terre du football ont un nom. Ils ont une identité. « Malins comme un signe », Karim Benzema et Mamadou Sakho ont fait l’essentiel du boulot pour l’équipe tricolore.

D’origine algérienne, Karim Benzema et son compère Malien d’origine, Mamadou Sakho ont sans doute envoyé un message fort à tous ces 18 % de Français de l’extrême droite qui revendiquent une France à la France et aux Français. Buteurs décisifs d’une importante soirée de football pour la France, ces Africains de France ont pour certains rendu justice à la ministre de la Justice Christiane Taubira, cible de nombreuses insultes racistes depuis quelques semaines en Hexagone.

Aussi, doit-on voir dans cette belle performance que la France reste un pays multiracial dont l’histoire est intimement liée à celle de millions d’Africains. Contrairement à son prédécesseur Laurent Blanc qui s’est autoflagellé par une rocambolesque affaire d’équipe de France de Français de souche qui n’aurait fondamentalement rien apporté de positif au foot français, Didier Deschamps aura eu le mérite d’avoir remis en scelle une France de football multiculturelle pour honorer le drapeau tricolore.

Mieux encore, bien d’autres joueurs d’origine africaine ont été alignés par Deschamps dès l’entrée de la partie ou ont participé à cette belle victoire. Paul Pogba (Guinée), Blaise Matuidi (Angola), Bakary Sagna (Côte d’Ivoire) étaient de ces « singes » qui ont étalé toute leur malice et leur robustesse dans la rencontre.

Et il n’en fallait plus pour que quelques défenseurs de la cause des minorités de France demandent que cet exploit soit dédié à ces milliers de Français victimes du racisme et de la montée des idéologies de l’extrême droite. Dans exactement huit mois, la Marseillaise sera bien au rendez-vous dans les stades brésiliens grâce à ces singes qui ont merveilleusement qualifié la France pour le Mondial 2014.

« Singes » et fiers de l’être….

wc2014-brazilListe des pays qualifiés pour le mondial 2014

https://www.coupedumonde2014.net/mondial/

PS : le tirage au sort pour la composition des différents groupes aura lieu 6 décembre 2013 au Brésil….