De Rocher Chembessi

Au Bénin, les syndicalistes menacent d’assigner le Chef de l’Etat pour diffamation.

Boni Yayi, désormais dans le collimateur des centrales syndicales du Bénin
Boni Yayi, désormais dans le collimateur des centrales syndicales du Bénin

Au lendemain de l’échec des négociations entre gouvernement et centrales syndicales pour trouver une issue à la crise sociale qui secoue le Bénin, chacune des deux parties s’est prononcé pour apporter sa part de vérité. Et aucune d’elle ne se sent prête à démordre !

Quelques leaders syndicaux...
Quelques leaders syndicaux…

En conférence de presse, les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales en mouvement collectif de grève au Bénin ont tenu à faire certaines mises au point. A cet effet, ils sont revenus sur l’échec de l’ouverture des négociations en début de semaine. Et comme on pouvait s’y attendre, c’est le gouvernement qui est indexé par les centrales syndicales comme coupable du fiasco de début de semaine et de la paralysie en cours de l’administration publique par les travailleurs.

L’autre annonce majeure faite par les centrales syndicales au cours de leur conférence est l’assignation annoncée en justice du Chef de l’Etat pour diffamation. La plainte que compte déposer ces secrétaires généraux est en réponse aux allégations faites par le Chef de l’Etat Boni Yayi, lors de sa sortie controversée du 27 janvier dernier. Pour les leaders syndicaux, il devra apporter la preuve de leur supposé lien avec l’homme d’affaires Patrice Talon, qui serait l’instigateur du mouvement de grève et répondre de « son mépris» envers eux qu’il accuse d’avoir utilisé du sang de mouton ou de l’encre rouge pour faire croire à l’opinion publique qu’ils avaient subi de préjudices corporels lors de la répression de leur marche du 27 décembre 2013.

Est-ce juste un effet d’annonce ?

Non ! répondent les secrétaires généraux qui voudraient pas cette action en justice, qu’ils espèrent prospère, mettre fin « aux intimidations, aux provocations, et aux calomnies » du Chef de l’Etat. Le Président de la République qui sera même présenté par un syndicaliste comme « un champion de la diversion ». Aussi cette action en justice annoncée devrait-elle, à en croire les syndicalistes pour demander réparations des préjudices moraux provoqués à leur égard par le chef de l’Etat qui constitueraient « une atteinte flagrante à leurs honneurs et à leurs réputations ». Pour la suite des négociations, ils manifestent une fermeté sur certains points qu’ils supposent non négociables. La restitution des défalcations opérées sur les salaires du mois de Janvier, le relèvement de leurs fonctions du préfet de l’Atlantique-Littoral, et du commissaire central de Cotonou seraient des conditions préalables à toute négociation fructueuse.

Dans cette même journée, quelques ministres du gouvernement, notamment celui du travail et du dialogue national, celui de la communication et des technologies de l’information se sont portés au créneau pour donner leur position sur les différents aspects de la crise sociale. Les positions sont restées identiques car le gouvernement accuse toujours les syndicalistes de faire obstruction au dialogue et de « préparer un soulèvement populaire ». Une autre accusation totalement réfutée par les syndicalistes qui clament haut et fort que leur lutte n’est en rien politique. Elle ne vise en aucun cas une accession au pouvoir, un changement de régime mais s’inscrit dans leur logique de défense des droits des travailleurs et des libertés fondamentales, a fait savoir l’un d’entre eux.

Et c’est dans cette ambiance délétère que s’ouvre à nouveau ce jour le deuxième round des négociations entre gouvernement et syndicats en présence des médiateurs de la crise mais sans les centrales syndicalistes non signataires de la motion de grève.


05 Février 2005-05 Février 2014 : Neuf ans déjà que Eyadema s’en est allé !

Gnassingbé Eyadéma, l'ancien président du Togo mort le 05 Février 2005
Gnassingbé Eyadéma, l’ancien président du Togo mort le 05 Février 2005

05 février 2009 : Une figure de la politique africaine s’en est allé! Gnassingbé Eyadema, 69 ans, au pouvoir sans partage sur le Togo depuis 1967 s’est éteint suite à une crise cardiaque. Une mort qui avait plongé le pays dans de profonds tumultes en raison d’un processus de succession conduit dans la plus grande opacité par les dignitaires du régime. A l’arrivée, c’est l’un de ses fils, Faure Gnassingbé, inconnu du grand public qui prend les rênes du pays malgré les contestations de l’opposition.

Neuf ans après ces événements, le Togo peine à se débarrasser des reliques du règne de Gnassingbé Eyadéma. Présenté par certaines chancelleries occidentales comme un dictateur,  l’ancien homme fort de Lomé, aura marqué son pouvoir par une certaine hostilité aux mouvements de l’opposition. Dans la sous-région ouest africaine, son régime était connu comme un grand bourreau de l’opposition. Les nombreux mouvements de contestations avaient la triste réputation de se terminer chaque fois par un bain de sang. Et les contestations post électorales étaient ce qui faisait la particularité du pays. Une situation qui avait conduit à un dénuement total du tissu social. Bon nombre de togolais n’avaient eu seule solution que de se porter en refuge dans des pays voisins. Aujourd’hui, il existe encore un nombre non moins négligeable de togolais réfugiés dans le monde.

Neuf ans après cette disparition, on se demande encore si les togolais avaient-ils perdu un héros ? S’ils se souviennent même de ce douloureux événement ? Une chose est certaine, les opposants y répondront par la négation. Des opposants qui restent aussi durs et fermes face au régime de Faure Gnassingbé. Le mercure de la tension sociopolitique ne parvient toujours pas à retomber à la normale dans un pays présenté, tout récemment par un certain Loïck Le Floch-Prigent, comme une geôle. Et mêmes les dernières élections législatives ont été une illustration d’un pays toujours sur le fil.

Faure Gnassingbé, Bientôt dix ans au pouvoir après la mort de son père, Source: Jeune Afrique
Faure Gnassingbé, Bientôt dix ans au pouvoir après la mort de son père, Source: Jeune Afrique

Néanmoins, il existe bien une partie de la classe politique togolaise et de la population locale qui croit en la bonne foi de Faure Gnassingbé de redresser la barre. Ce dernier s’est même montré très flexible à de nombreuses occasions face aux exigences de l’opposition et aux protestations populaires. Quelques années derrières, il n’hésitait pas au détour de ses voyages à l’étranger de rencontrer des ressortissants togolais pour leur présenter les excuses des errements du pouvoir de son père même si ces rencontres ont plusieurs fois donné lieu à un requiem de tout l’appareil d’Etat par nombre de ces togolais.

Pour le futur, l’espoir semble être permis pour le pays. Des récentes conclusions du rapport de la Commission vérité, justice et réconciliation montrent clairement que toutes les parties affichent une bonne foi pour sortir le pays des tristes souvenirs du passé.

 


Nouvel échec des négociations entre Gouvernement et Syndicats au Bénin : La crise sociale perdure…

Le gouvernement et syndicalistes se quittent dos à dos. Source: André Dossa (Canal 3 Benin)
Le gouvernement et syndicalistes se quittent dos à dos. Source: André Dossa (Canal 3 Benin)

Elle était annoncée comme décisive. La rencontre entre les membres du gouvernement, les présidents de certaines institutions de la République, et les leaders des confédérations syndicales du Bénin. Car les négociations de cette rencontre devraient aboutir à un dégel de la crise sociale qui secoue le pays depuis quelques semaines.

Quelques syndicalistes se concertent après une première suspension de la rencontre, Source: André Dossa (Canal 3 Benin)
Quelques syndicalistes se concertent après une première suspension de la rencontre, Source: André Dossa (Canal 3 Benin)

Mais voilà, cette rencontre n’aura accouché que d’une souris. Elle n’aura jamais eu lieu. La faute à la présence de deux autres confédérations syndicales non engagées dans les mouvements de débrayage mais conviées aux assises par le gouvernement. Une provocation de trop, diront les leaders syndicaux des confédérations et centrales syndicales dont les militants observent le mot d’ordre de paralysie générale de l’administration publique.

Les médiateurs de la crise ont été contraints à vider la salle.
Les médiateurs de la crise ont été contraints à vider la salle. Source: André Dossa (Canal 3 Benin)

Ce qui a tout simplement conduit à la fin des travaux. Une rencontre terminée en queue de poisson qui ne surprend pas grand monde au Bénin. Le niveau de la discorde entre gouvernement et travailleurs est tel que bon nombre de béninois ne croyaient presque pas à une issue heureuse à la crise à la sortie de ces conciliabules. Puisqu’au-delà des revendications ayant conduit à la motion de grève, les responsables syndicaux peinent à digérer les récentes attaques du Chef de l’Etat à leur égard.

D’ailleurs, le président Boni Yayi est revenu à la charge samedi dernier au cours d’un meeting qu’il a tenu avec des milliers de femmes bénéficiaires du programme gouvernemental de micro-crédits aux plus pauvres en déclarant « Qui n’a pas travaille, n’a pas droit au salaire ». Allusion faite aux nouvelles revendications des travailleurs qui exigent la restitution par l’Etat des défalcations opérées sur les salaires du mois de Janvier.Face à ce nouvel échec, ils sont désormais très nombreux à craindre le pire pour le pays.

Beaucoup redoutent d’un scénario de la fin des années 80 où une grève générale a conduit à la chute du régime révolutionnaire de l’ancien chef de l’Etat Mathieu Kérékou. Mais en attendant que le pays n’en arrive là, l’administration publique béninoise sera une nouvelle fois encore paralysée. A compter de ce mardi, le pays tournera encore au ralenti. La plupart des fonctionnaires d’Etat resteront chez eux, les écoles, collèges, et universités en majorité sans enseignants, les hôpitaux réduits au service minimum. Du côté de la justice, le ton s’est déjà durci depuis ce lundi, avec désormais une grève illimitée pour les magistrats et certains agents auxiliaires.


Université de Parakou: Plus d’une cinquantaine de chercheurs mobilisés autour des urgences médico-chirurgicales

150px-Logo_Université_de_ParakouL’Université de Parakou s’investit résolument dans sa vision de se mettre au service des populations locales. Afin de mériter son rang d’université de développement, elle organise, par l’entremise de la faculté de médecine, les premières journées médicales de Parakou.

A cet effet, plus d’une cinquantaine d’enseignants chercheurs en sciences médicales et de praticiens présenteront aux participants les résultats de leurs travaux de recherche sur la question de la gestion des urgences en milieu hospitalier. Des travaux qui portent aussi bien sur les urgences médicales et spécialités médicales (22 communications), les urgences chirurgicales et spécialités chirurgicales (23 communications) et les urgences obstétrico-pédiatriques (7 communications). D’où le thème de ces premières journées médicales qui porte sur les urgences médico-chirurgicales.

A l’ouverture de ces journées scientifiques, le doyen de la faculté de médecine de Parakou, le docteur Spéro Hounkpatin est revenu sur la vitalité de son centre de formation. Créée en 2001, la faculté de médecine de Parakou, a déjà mis au service des populations et de la communauté scientifique plus de 200 médecins. Lesquels ont le mérite de travailler sur différentes thématiques relatives à la médecine, au bien-être des populations et au développement social. Et ces premières journées médicales constituent un creuset d’échanges scientifiques à portée internationale pour accroître la visibilité de l’établissement. Le recteur de l’Université de Parakou, le Prof Barthélémy Biao, précisera qu’il s’agit aussi bien d’une opportunité et du cadre approprié pour les chercheurs de partager leurs expériences et de communiquer les résultats de leurs travaux de recherche. Par ailleurs, il a convié les différents acteurs de la faculté de médecine (Fm) de Parakou en tirer le plus grand enseignement pour le bénéfice commun.

Ces premières journées médicales de l’Université, placées sous la direction scientifique du Prof Simon Akpona, connaissent la participation des enseignants et de praticiens venus de Parakou, Cotonou, Porto-Novo, la France, etc. Elles se déroulent dans l’amphithéâtre de l’Hôpital des Armées (HIA) de Parakou.


Tension sociale au Bénin : le pays est-il au bord de l’implosion ?

logo-UNLes leaders de l’opposition béninoise n’auront pas attendu longtemps pour réagir à la dernière sortie médiatique du chef de l’Etat qui a fait jaser plus d’un Béninois. Au cours d’une conférence de presse animée au siège de l’Union fait la Nation (UN), principale alliance politique de l’opposition béninoise, ces ténors politiques n’ont pas tari de mots pour mettre en garde le chef de l’Etat pour d’éventuelles déstabilisations du pays.

A l’instar de tous, la plupart des Béninois qui ont assimilé les déclarations du président Boni yayi à de la provocation, les dignitaires de l’Union fait la Nation déclarent prendre très au sérieux les menaces du chef de l’Etat. Pour eux, le message de Boni Yayi est bien clair. Il n’est pas seulement adressé aux centrales syndicales ni aux travailleurs ou à la classe politique, mais à tout le pays. Car l’opposition y relève une tentative de déstabilisation programmée du pays par le régime au pouvoir. Une situation dont il abusera pour s’y éterniser.

Ces opposants qui se disent exacerbés par les diatribes répétées à leur encontre par le chef de l’Etat, appellent presque à une « insurrection ». A les entendre, le chef de l’Etat s’illustre en « désinformation », en « dénigrement » et en « menaces » de ces concitoyens. Ainsi, ils ne méritent pas sa place au sommet de l’Etat. Pour eux, Boni Yayi a tout simplement « violé la Constitution ». Et pour y répondre, le sursaut patriotique des forces vives de la Nation, réclament-ils. « C’est le moment plus que jamais de protéger le pays contre le drame vers lequel conduit le chef incendiaire… C’est le moment de se donner de mettre fin à ses dérives suicidaires » a insisté l’ancien ministre des sports Théophile Montcho, orateur principal lors de cette conférence de presse.

Le député Candide Azannai
Le député Candide Azannai

A quelques encablures près, c’est un ancien collaborateur du chef de l’Etat, député à l’Assemblée nationale, passé dans l’opposition qui s’insurgeait contre les déclarations de Boni Yayi. Sans trembler, l’honorable Candide Azannai a tout simplement annoncé que « le président de la République planifie la guerre au Bénin ». Et pour arriver à ses fins, Boni Yayi aurait décidé d’instrumentaliser la jeunesse. C’est pourquoi ses propos « attentatoires » contre la paix et la cohésion nationale auraient été tenus au cours d’une rencontre avec des jeunes, croit savoir le député. Aussi relève-t-il dans les attaques du chef de l’Etat, « des mensonges manifestement caractéristiques d’un leadership de type pathologique rappelant avec un fort outrage les débuts d’Hitler, les pratiques d’endoctrinement décelables chez des extrémistes du talibanisme du non-Etat… »

Face à cette guerre de mots qui devient très inquiétante, la Fondation Mathieu Kérékou, du nom de l’ancien président de la République, se décide de jouer à la médiation. Toujours dans la même journée, le secrétaire général de la Fondation a fait de propositions de création d’un comité national de médiation pour la paix et la cohésion sociale au Bénin. Ce comité que la Fondation voudrait multi-représentatif devrait travailler à désamorcer la bombe sociale. Reste à savoir si cette proposition sera entendue par les différents acteurs de la crise sociopolitique qui embrase le pays.