De Rocher Chembessi

Mondial 2014: Les huit poules à la loupe…

groupesC’est fait ! On connait désormais les différents groupes qui animeront le premier tour de la vingtième édition de la Coupe du Monde de football. Ils étaient des millions d’amateurs du sport roi à focaliser leurs attentions malgré les hommages et les deuils provoqués par la mort de l’icône sud-africaine Nelson Mandela vers le Brésil. Histoire de savoir à la minute près les différentes poules qui animeront la messe mondiale du football sur la terre du « football de tous les temps ». A compter de ce 06 décembre, les 32 équipes qualifiées pour le mondial brésilien connaissent l’identité de leurs adversaires du premier tour. Mais que nous réserve le mondial 2014 ? A quoi doit-on s’attendre pour les différentes équipes ? Que doit-on espérer des équipes africaines ? Que peut l’équipe de France ? Décryptage…

Poule A : Brésil, Croatie, Mexique, Cameroun

Organisateur de la Coupe du Monde 2014, le Brésil, cinq fois vainqueur (1958, 1962, 1970, 1994, 2002) garde toutes ses chances intactes pour confirmer son statut de grandissime favori durant le premier tour de cette compétition. La séleçao peut compter sur sa grande armada de stars. Si les auriverdes « pensent » déjà à leur match des huitièmes de finale, le second ticket qualificatif dans ce groupe A se jouera entre le Mexique (14 participations), le Cameroun (6 participations), la Croatie (4 participations) avec un léger avantage pour le Mexique.

Le Cameroun a bien l’effectif de joueurs qu’il faut pour s’échapper de ce groupe. Mais quand on se souvient de l’histoire récente des lions indomptables aux compétitions internationales, il serait osé d’affirmer dès maintenant que Samuel Eto’o et ses coéquipiers pourraient s’offrir une place pour le second tour. Mais attention, cela pourrait bien être face à l’Espagne. Et pour cause…

Poule B : Espagne, Pays-Bas, Chili, Australie

Dans ce groupe B, une chose est certaine ! On assistera au remake de la finale du Mondial 2010. En effet, l’Espagne (vainqueur en 2010) et les Pays-Bas (3 fois finalistes malheureux, 1974, 1978, 2010,) un peu moins de quatre ans après leur confrontation victorieuse pour « la Furia roja », se retrouveront au Brésil pour un match atypique. Bien que cette rencontre soit en ouverture de la poule B, il a tout d’une finale de coupe du monde et sans doute qu’elle permettra d’entrée, de départager ces deux équipes pour la première place dans cette poule B. L’Espagne et les Pays-Bas partent donc largement avec la faveur des pronostics pour s’extirper de ce groupe. Le Chili (9 participations) et l’Australie (4 participations) se contenteront sans doute de jouer aux troubles fêtes.

Poule C : Colombie, Grèce, Côte d’Ivoire, Japon

Pour sa troisième participation d’affilée à une coupe du monde de football, la Côte d’Ivoire s’en sort bien. Longtemps habitués aux groupes de la mort, les Eléphants auront cette fois-ci l’opportunité de faire rêver le peuple africain. En compagnie de la Colombie (5 participations) emmenée par sa star monégasque Radmael Falcao, la Côte d’Ivoire de Didier Drogba devra se défaire de la Grèce (3 coupes du monde, surprenant vainqueur de l’Euro 2004), et du Japon (5 participations, coorganisateur du mondial 2002). Une mission pas impossible pour la Côte d’Ivoire. Mais la certitude est que tout peut se jouer dans ce groupe assez ouvert pour les quatre formations…

Poule D : Uruguay, Costa Rica, Italie, Angleterre

L’une des affiches qui tiendra en haleine le monde du football, c’est sans doute ce duel fratricide entre l’Italie (4 fois vainqueur, 1934, 1938, 1982, 2006) et l’Angleterre (vainqueur à domicile en 1966) le dimanche 15 Juin 2014 à Manaus. Pas de cadeau en vue entre la Squadra Azzurra (Italie) et les Three Lions (Angleterre) qui devront confirmer leurs statuts de favoris dès le premier tour. Mais cela ne suffit pas pour minimiser les autres oppositions entre l’Urugauy de Edison Cavani et ces deux formations européennes. Le Costa Rica, outsider de cette poule, se contentera de ne pas s’ériger en distributeur de points. Mais attention, loin de limiter les dégâts, l’équipe pourrait bien surprendre. Au terme des phases de poules, un favori dira adios Brasilia…

Poule E : Suisse, Équateur, France, Honduras

S’il y a une information à retenir de la composition des poule, c’est le tirage assez clément dont a hérité la France. Malgré leur douloureuse qualification au Mondial 2014, les bleus sont placés dans un groupe qui les met de façon inattendue en position de favori pour cette coupe du monde, du moins pour le premier tour. Pour confirmer ce nouveau statut, l’équipe devra se mesurer « victorieusement » avec la Suisse, l’Équateur et le Honduras. A y voir de près, la qualif pour le second tour se jouera entre la France, la Suisse et l’Equateur. Toutefois, la France devra faire attention pour ne pas revivre les mésaventures du mondial 2002 et 2010 où malgré son positionnement dans des groupes largement à sa portée, elle s’est fait éliminer dès le premier tour. Quant à la Suisse, elle devra confirmer ses meilleures performances de l’année 2013 qui lui ont permis d’être pour la première fois dans l’histoire du football, tête de série à une coupe du monde en 10 participations.

Poule F : Argentine, Bosnie-Herzégovine, Iran, Nigéria

Il n’y aucun doute. L’Argentine et le Nigéria font figure de favoris pour la qualification au deuxième tour du mondial 2014 dans cette poule F. Les Supers Eagles, champions d’Afrique en titre peuvent bien rééditer leurs belles performances de la coupe du monde 1994. Exactement 20 ans après leur première participation, ils peuvent bien prétendre à un parcours plus que honorifique au Brésil. Battu par l’Argentine 1-0 au Mondial 2010 en Afrique du Sud, le Nigéria a grandi. Il peut bien faire mal aux Albicélestes toujours moyens depuis quelques années malgré leur pléthore de stars dont Lionel Messi, plusieurs fois élu meilleur joueur FIFA mai assez méconnaissable en sélection nationale. Mais attention, le lutin argentin semble retrouver ses repères avec l’équipe nationale depuis quelques rencontres. Si l’Iran pourrait espérer faire un coup de poker, et justifier d’un statut d’outsider acquis avec ses 4 participations, la Bosnie Herzégovine, pour sa première participation, loin d’être venue en apprentissage pourrait bien compter sur l’ombre du superbe attaquant suédois Zlatan Ibrahimovitch, originaire de cet ancien pays de l’Union Soviétique.

Poule G : Allemagne, Portugal, Ghana, USA

Elle aurait bien pu être le groupe de la mort. Certes, il réserve de belles rencontres de football entre ces quatre formations, mais il est bien loin d’être considéré comme le groupe le plus terrible. Dans l’histoire de la coupe du monde, on en  a connu pire. Toutefois, les premiers rôles reviendraient à l’Allemagne et au Portugal qui pourraient miser autant sur leur collectif que l’individualité légendaire de certains de leurs joueurs tels Cristiano Ronaldo pour le Portugal et Melvut Özil pour l’Allemagne. Le Ghana, quant à lieu retrouve des équipes qu’elle connait assez bien. Les Blacks Stars ont déjà affronté au Mondial 2010 l’Allemagne en phase de poules et les USA en huitièmes de finale avec des fortunes diverses (une défaite face à l’Allemagne, et une victoire qualificative pour les quarts de finale contre les Etats-Unis). Est-ce un avantage ? Pas sûr qu’un spécialiste puisse dire avec assurance oui car l’Allemagne est  un rouleau compresseur et les Etats-Unis ont énormément progressé dans le jeu. Dans ce groupe G, les dés sont presque pipés pour le Ghana et les USA, une équipe ghanéenne qui espérait un résultat plus glorieux que son élimination en quart de finale contre l’Uruguay en 2010.

Si la poule G prend des allures de la poule de la mort, la dernière poule H s’apparente bien au groupe le plus homogène de la phase de poules.

Poule H : Belgique, Algérie, Russie, République de Corée

Quelques heures avant le tirage au sort, le capitaine des Fennecs d’Algérie, Madjid Bougherra annonçait qu’il voudrait bien affronter la France au premier tour.  Une manière sans doute de renforcer les liens entre les deux peuples. Mais aussi une rencontre qui aurait donné du fil à retordre aux flics de Marseille. Mais une chose est sûre, cette confrontation, si elle devrait avoir lieu, ne sera pas pour le premier tour de la coupe du monde. L’Algérie hérite d’un groupe assez homogène avec la Belgique, l’Algérie, la Russie et la République de Corée dans lequel toutes les équipes peuvent revendiquer une place pour les huitièmes de finale.

En attendant tous ces matches, on peut tous dire en chœur, Vivement Brésil 2014…


France : Alerte! Prostitué(es) au chômage…

Quelques prostituées...
Quelques prostituées…

Mon billet aurait bien pu être intitulé « France : droits de l’homme en danger ! » En effet, la dernière actualité à l’Assemblée nationale française fait resurgir dans ma mémoire la quintessence du très glorieux vocable « droits de l’homme ». Que les puristes, les juristes, « les droits de l’hommiste » m’en excusent. Mais ce qui vient de se produire, à l’Assemblée  me fait dire, sans doute dans l’ignorance qui est la mienne que même en France, le pays dit des droits humains, les droits de l’Homme sont à double vitesse. En effet, les députés français viennent d’adopter dans une majorité relative la proposition de loi qui sanctionne les clients de prostituées d’une amende de 1 500 euros. Un vote qui met la France passée dans le giron socialiste au même diapason que la Suède et la Norvège dans la répression de la prostitution. Pour rappel, tout est parti de 2011 par la proposition de loi réaffirmant la position abolitionniste de la prostitution en France. Une résolution qui voulait une société française sans prostitution. Ces défenseurs rétorquaient même que la prostitution n’était point « le plus vieux métier du monde » et il fallait même l’associer « aux violences faites aux femmes ». C’est oublié qu’avec la percée des courants homosexuels, la prostitution n’est plus une affaire de femmes, mais qu’elle atteint aussi le cercle des hommes. Et l’adoption de la proposition de loi de pénaliser les clients de prostitués par les députés français soulève quelques éléments de « non-respect des droits de l’homme ». C’est mon analyse ! Elle n’est pas censée être juste devant la loi, même celle divine, encore moins devant l’esprit premier des droits de l’homme.

Et pour cause ?

N’est-ce pas au nom des droits de l’homme que la gauche au pouvoir a soutenu, défendu et obtenu le « mariage pour tous » ? Une loi qui enlève à la France tout son côté « traditionaliste ou protectrice des valeurs religieuses ou morales.  » Et bien pris isolément, la loi sur le mariage homosexuel semble reconnaître la liberté pour la personne humaine de disposer de son corps, de s’en servir à sa guise et autant que possible. On peut donc bien se demander si le vote de la loi antiprostitution ne prive pas les Français de cette liberté de disposer de leur corps, de choisir librement leur profession.  En tout cas, je suis bien convaincu qu’ils seront nombreux, ceux qui me diront non, ceux qui me parleront de conceptualisation du corps humain. Bien des soutiens de ce texte de loi me chanteront à grands cris que la prostitution est un crime, un drame, une souffrance… Les plus courageux me parleront d’atteinte à l’honneur ou à l’intégrité morale des prostitués. Mais dis donc, la prostitution est-elle un viol ? En quoi est-elle une violence basée sur le genre, je n’ose pas dire faite aux femmes ? Bien qu’ils puissent me répondre par non, ils trouveront bien des arguments pour tenter de faire le juste rapport. Et je dirais tout gaiement « vous êtes dans votre rôle. »  Ceci n’est qu’un aspect de la chose.

Dans une autre analyse, le vote de cette loi pourrait bien apporter un bol d’air au réseau de proxénétisme. Il pourrait bien plonger tout ce marché informel du sexe dans une grande clandestinité. Et cela pourrait bien compliquer les choses autant pour l’Etat, les prostitués et leurs clients. En France, le marché du sexe pourrait basculer dans le grand noir autant que le marché des stupéfiants. Loin du cas allemand, le fisc français ne peut rien espérer de ce marché juteux considéré de l’autre côté du Rhin comme un jackpot pour l’Etat avec des centaines de maisons closes et une activité en pleine expansion. Encore plus drôle dans le cas de la France, la loi met les prostitués dans une position d’insécurité en pénalisant l’acheteur et non pas le vendeur. Difficile donc à comprendre pour certains qui pensent qu’il s’agit là d’une loi antipute quand l’on sait en tout premier plan que les plus prisées dans ce secteur sont les femmes. Du coup, une question me taraude l’esprit. Que deviendront ces milliers d’hommes et de femmes qui vivent de la prostitution ? Du fait, de la crise économique, le travail du sexe a connu une hausse vertigineuse en France. Il semble avoir atteint toutes les couches sociales. Et ils sont vraisemblablement des milliers de Françaises et de Français qui courent le risque de perdre leur gagne-pain, ou du moins ce « boulot » qui leur permet d’arrondir les fins du mois. Et combien seront-ils ces enfants vivant des revenus de la prostitution qui pourraient désormais prier tous les saints pour ne pas mourir de faim. Néanmoins, il y a bien une solution. Partir en Allemagne, en Belgique, etc. ou mieux encore vers ces pays de l’Europe de l’Est pour continuer sans gêne son « job ».

La loi antiprostitution, si elle parvient à être promulguée promet un demain assez confus pour des millions de Français abonnés à ces milieux.

Enfin, tout laisse penser que toutes les lois votées ou presque depuis l’avènement du pouvoir socialiste n’ont qu’un seul dénominateur : subir ou fuir la France !

Une France sans prostitution : l’avenir nous le dira…


Bénin: La malédiction des fins d’années…

Des populations stupéfaites devant un accident de circulation à Parakou, Crédit: Ludovic Ayédèguè...
Des populations stupéfaites devant un accident de circulation à Parakou, Crédit: Ludovic Ayédèguè…

Hermann, mon compatriote a déjà donné le ton. Il y a quelques jours, son billet revenait sur la dangerosité de la circulation dans la grande agglomération de Cotonou. Ce cliché illustratif du risque élevé de circuler dans Cotonou n’est rien d’autre qu’une exposition en miniature de ce qui se vit dans le Bénin tout entier. A la fin de la lecture de son billet, une tentation me saisit, celle de présenter ce phénomène récurrent, de la peur au guidon, au volant et même sur le trottoir quand on est usager de la route au Bénin. Et cette tentation a atteint son paroxysme au bout de mon dernier voyage sur la capitale économique Cotonou. Sur un trajet de moins de 500 km, je ne peux me souvenir avec exactitude du nombre d’épaves de véhicules accidentés abandonnés aux abords des voies. Une chose est certaine, plus d’une douzaine d’accidents se seraient produits tout récemment sur le tronçon Parakou-Porto Novo-Cotonou. En témoignent ces carcasses de véhicules, ces herbes le long des artères qui chez nous, servent de signalisation en cas d’accidents. Dans certaines localités, j’ai même vu pis. Encore du sang humain gît sur le goudron.

Mais ce qui m’étonne depuis plus d’une vingtaine que je respire le bel air de mon Bénin est en premier plan la recrudescence de ces accidents de circulation à une période particulière de l’année. Pour qui vit au Bénin, habitué au non de ses axes routiers, sait que chez nous, la fin d’année rime avec graves et mortels accidents de circulation. Et bien des années que cela dure. Une situation devenue tristement célèbre qu’on hésite point à rattacher à une croyance pour le moins « ridicule ». La malédiction de la route qui s’est emparée des béninois en fin d’année a germé dans l’esprit des communs de mortel que cette période serait destinée au bilan des âmes. Plus drôle encore, on vous dira dans certains milieux que si le nombre d’âmes attendues au « ciel » n’est pas atteint, les accidents de la route en fin d’année seraient le seul moyen pour «Dieu» de combler la différence. Le recours aux accidents de circulation serait dû, en effet à l’absence d’une situation géo-écologique dangereuse dans le pays pour provoquer des ouragans, des cyclones, des tremblements de terre, du volcan et autres…

A cette croyance, beaucoup y croient. Beaucoup y vouent un culte. Pour échapper au bilan de « Dieu », combien sont-ils à recourir aux sacrifices dans les couvents, les temples du vaudou ? Combien sont-ils à s’adonner des heures durant à des séances de prières, de délivrance et de protection dans les églises du réveil ? Bien qu’un chiffre exact ne puisse être établi, on sait que la période des fins d’années est aussi celle des bonnes affaires pour les dignitaires des cultes endogènes, chrétiennes, musulmanes et autres. En effet, des millions de béninois s’attellent à faire des offrandes à leurs dieux pour ne pas se retrouver dans la balance « mortuaire » des fins d’années.

Des prières, des sacrifices, des offrandes qui, pour le moment, peinent à conjurer définitivement le mauvais sort. Puisqu’il n’y ait point un béninois qui ne le fait en fin d’années, on peut se demander pourquoi on en finit point avec ces accidents mortels de fin d’année depuis des générations. Tenez, dans la seule ville de Parakou, trois cas d’accidents mortels ont été enregistrées en une semaine dans le mois de novembre avec un bilan humain très lourd. Pas moins d’une dizaine de vies humaines ont été perdues dans ces trois accidents, et autant pour le nombre de blessés graves hospitalisés en urgence au centre hospitalier départemental de la région. Autant pour une seule ville d’environ 250.000 habitants en une semaine, combien y en a-t-il à l’échelle nationale ?  C’est un secret de polichinelle pour tous les béninois que le service des urgences dans les hôpitaux, des secours, des sapeurs pompiers ne connaissent point un jour de repos sur toute l’étendue du territoire national. Mais pourquoi donc autant de drames de la route en fin d’années ?

Les causes d’un mal devenu perpétuel…

Malgré la détermination des agents du Centre National de Sécurité Routière (Cnsr), de la brigade routière pour renforcer la sécurité sur nos axes routiers, le problème reste entier dans son ensemble. A chaque accident de la circulation, qu’il soit en fin d’année ou en pleine année, le même refrain. Excès de vitesse du conducteur, absence de visite technique, défaut de frein ou vétusté du système de freinage, imprudence des usagers, taux élevé d’alcoolémie, absence de casque de protection pour les motocyclistes, de ceintures de sécurité, usage du téléphone portable ou des tablettes numériques par les conducteurs, sont autant d’éléments à l’origine des accidents sur les axes routiers du pays. Et en période de fin d’année, c’est l’excès de vitesse des chauffards, la précipitation des usagers de la route (motocyclistes, piétons) qui sont souvent pointés du doigt. En effet, ils sont nombreux ces béninois qui veulent réaliser de bons chiffres d’affaires en fin d’année afin de passer d’avoir de ressources financières pour d’agréables moments de fête. Mais cette folle course pour l’argent des fêtes tourne au drame pour certains, qui fauchés par les accidents ne laissent que des larmes à leurs proches pour pleurer leurs morts. Et Consternation, désolation, stupéfaction, tristesse deviennent leur sentiment de fin d’années.

Amoureux de cette croyance populaire qui suppose qu’il ne peut ne pas avoir des accidents de circulation en fin d’années, nombre de béninois oublient très vite «  Qui va lentement, va surement ».


Ma rencontre avec une séropositive !

Stop sida1er décembre : Journée mondiale de lutte contre le sida. En ce jour dédié aux personnes porteuses du VIH, ou affectées par la maladie du siècle, qu’il me soit permis d’avoir une pensée pour ces millions de femmes, d’hommes et d’enfants dans le monde, et particulièrement à ceux d’Afrique.

Si j’ose dire ces mots, c’est l’expression de ma colère contre ces pratiques discriminatoires à l’égard des personnes affectées par le virus. C’est ma manière à moi de rappeler à tous que nous sommes de potentielles victimes. Nul n’est à l’abri… Juste un petit regard sur les voies de transmission du virus, sur lesquelles volontiers je me tais, et chacun de nous peut réaliser que le risque n’est pas moindre. Bon sang ! Arrêtez vos pratiques inhumaines de discrimination ! Quand je me souviens de ces phrases qu’on m’a servies quand je devrais me rendre pour mes deux fois en Afrique du Sud (mars et octobre 2013), et pour la première fois au Botswana (octobre 2013), j’en ai le ras-le-bol. Tous s’accordaient à me dire « Tu vas dans le pays du sida hein ». A l’aéroport international Bole d’Addis-Abeba (Ethiopie), un ami que je venais de rencontrer à Johannesburg et en partance pour la Guinée équatoriale me dira « Waoh ! Donc la semaine prochaine, tu retournes au Botswana. Toi tu ne connais que les pays où le sida se vend le moins cher. Fais attention à leurs femmes. ». Mais c’est oublié comme le dirait l’autre, « nous sommes tous des séropositifs à l’étape latente ».

Ma « découverte » du Sida, je m’en souviens comme si c’était hier ! Nous étions en 1998, élève en classe de CM1, je venais de suivre une conférence à l’école qui portait sur les maladies sexuellement transmissibles[1] et le VIH/sida. Très émouvante présentation qui a failli me faire couper le souffle, moi qui quelques jours plus tôt, malgré mon très jeune âge (8 ans), venait de rompre avec un cycle… Il n’en fallait pas plus pour que la semaine d’après, je remporte le premier prix au concours communal de composition française sur le VIH/sida.

Ce très beau T-shirt tagué « Connais-tu ton état sérologique ? » de face, « Le sida ne passera pas moi » de dos restera comme une couronne pour moi. Mais bon ! Il était plus grand, trop grand pour moi pour que je le porte. Et c’est bien avec des larmes aux yeux que je l’ai offert quatre ans plus tard en récompense à un camarade de collège qui venait de remporter un concours dédié aux IST, VIH/sida que je venais d’organiser ! Ah oui, que je venais d’organiser ! En effet, dès ce jour de décembre 98, j’ai ressenti une obligation morale de m’impliquer corps et âme dans la lutte contre la maladie. Des années durant, du collège à l’université, au sein de ma communauté, j’ai milité dans presque toutes les structures qui s’intéressent au combat contre une maladie devenue économiquement préjudiciable pour mon pays. Et pour moi qui était dans la ville de Grand-Popo (département du Mono) reconnu pour son taux non négligeable de prévalence au VIH/ sida, il fallait être dans le combat. Mais un combat que je faisais avec peur et beaucoup de prière ! Si mon vœu était de combattre le mal dans son dernier retranchement, ma peur et ma prière étaient pour moi signe de prudence afin de ne point contracter le virus au risque de me faire passer pour un « impur », un « maudit » de Dieu par la société, pour qui le sida relevait encore du mysticisme.

Malgré moi, j’ai passé plus de douze ans dans la lutte contre le sida dans un vrai contact avec les personnes affectées. Il m’aura fallu attendre décembre 2011 pour une première rencontre avec des personnes atteintes du virus à l’occasion d’un dîner. Mais pour cette première fois, c’était bien loin d’être une vraie rencontre. A ma table, il n’y avait point de séropositif. Sans m’en rendre compte, je n’avais qu’à ma table rien que des amis. Je ne peux dire pourquoi ? Mais ce fut un regret, car j’aurais pu saisir l’occasion de me frotter encore plus avec ces hommes et femmes grandes victimes de la pensée collective qui voudraient qu’on s’isole d’eux.

Ce n’était que partie remise !

Ma première rencontre avec une personne atteinte du sida est toute récente. Le 6 octobre 2013, je fis la rencontre de Carmelita[2], une belle jeune demoiselle zambienne en Afrique du Sud. Bien qu’elle venait courageusement de s’adresser à ces milliers de jeunes participants au sommet One Young World, je n’ai pas pu retenir son visage. Dans le bus qui nous ramenait à l’hôtel, j’invitais avec insistance une jeune fille à s’asseoir à côté de moi, mais sans reconnaître la séduisante personne qui venait de dévoiler publiquement sa séropositivité. Pour elle, c’était bien plus qu’une joie de savoir qu’ il  avait quelqu’un qui ne manquait point de courage et de plaisir à partager un moment dans un esprit bon enfant. Notre conversation touchait à tout. De la vie professionnelle au jardin secret, on se racontait tout jusqu’à ce moment où je voulais m’assurer qu’elle serait à la fête ce soir en boîte nuit, une fête à laquelle que je ne devais participer pour des convictions personnelles. D’un sourire assez éloquent, elle répliqua « Do you invite me [3]? ». Je ne pouvais m’empêcher de lui restituer l’air joyeux son sourire « Yes, it will be very amazing to stay with you at the party? I wanna talk with you more time.[4]». A cet instant même, Carmelita, mon interlocutrice devient hésitante. J’ai bien du mal à comprendre ce qui lui arrive. Brusquement, elle me dit « If i could, I will call you. Give me your room number. »[5]. Venais-je de faire une mauvaise blague ? Ma tête se mit à tourner dans tous les sens ! Je n’avais aucune intention de me rendre à la fête en boîte, je voulais plutôt la convaincre de venir en promenade à Sun City avec mes amis et moi. Pour nous, la fête serait autour de quelques bouteilles de vin à Nelson Mandela Square. Mais tout devient silencieux entre nous. Plus aucun mot, elle ne pipe ! Moi, j’ai perdu ma langue. Je ne sais plus quoi dire, déjà que mon anglais n’était pas du très haut niveau. Gentiment, je lui demandais de me permettre de discuter avec un ami. Théo[6], compagnon de route venu de la Côte d’Ivoire n’hésitera pas à me féliciter pour mon courage.

–          « Mon gars, t’es comme moi. J’aurais fait autant que toi. Dieu lui-même a dit avant de manger, il faut prier et plus rien ne peut vous arriver. Donc, tu pries et tu manges. » me dit-il sous un air joyeux.

Dans son argot des faubourgs d’Abidjan, il vient d’annihiler mes capacités de compréhension.

–           « Mon gars, tu parles de quoi ? Je ne veux rien manger non ! » lui répondis-je.

Et heureusement, il se ressaisit.

« Gars, tu es sérieux ? Donc tu sais pas ? Tu connais pas la go quoi ? » s’amuse-t-il à me demander.

Des phrases qui provoquent un tourbillon de réflexion dans ma cervelle. Ayant compris que j’étais sérieux, que j’ignorais vraiment tout, il se décide à me parler.

« Hum man ! La go là, c’est la séropositive qui a parlé du sida ce matin non ! C’est pas la Zambienne de Grassroot soccer ! Donc tu ignorais que tu étais assis avec elle. » me confie-t-il.

Un moment plein d’émotion pour moi. Je ne sais si j’aurais pu eu tout ce courage de me mettre si près, d’avoir une si grande affinité avec elle si j’avais su plutôt qu’elle était séropositive. Et Théo, avec humour de me dire : « T’es béninois man ! Ya le vaudoun chez toi. Tu pries, tu manges et rien ne va t’arriver ».

A cet instant, je pris mon courage à deux mains et retourna vers mon amie du soir. Mais il n’y avait beaucoup plus trop de temps pour discuter, car nous sommes presque arrivés à son hôtel. Je n’ai juste eu quelques petites minutes pour lui demander si elle se décide enfin à être avec nous ce soir. « I am not sure. » [7] répondit-elle en m’offrant en souvenir un ruban rouge et un petit bracelet Grassroot Soccer. Une manière de me dire qu’elle était séropositive… Qu’elle était la fille ayant témoigné ce matin de son état sérologique…

Et cette belle expérience, je ne suis pas prêt à l’oublier. Bien envie de la répéter pour développer et renforcer mon côté humain et affectif. A chacun de s’en servir…



[1] Ancienne appellation des infections sexuellement transmissibles (IST)

[2] Nom modifié

[3] « M’invites-tu ? »

[4] « Oui, ce serait très intéressant de passer du temps avec toi ce soir, je veux bien qu’on se parle »

[5] « Si je peux, je t’appellerai. Donne-moi ton numéro de chambre. »

[6] Nom modifié

[7]«  Je ne suis pas sûre ».


En visite au Bénin: Macky Sall a-t-il dit « Non » à Yayi?

Boni Yayi (à droite) en chaudes discussions avec Macky Sall (à gauche)
Boni Yayi (à droite) en chaudes discussions avec Macky Sall (à gauche)

Quarante huit heures durant, le Président de la République du Sénégal a séjourné au Bénin pour une visite de travail qui devrait permettre de réchauffer les liens de coopération bilatérale et la signature de deux accords de partenariats entre les deux pays. Aussi cette visite s’inscrit-elle dans une dynamique de réflexions sur la résolution des crises du continent et les stratégies de renforcement des capacités de création d’emplois pour les jeunes.

Néanmoins, la présence du président sénégalais sur le sol béninois a été une bouffée d’oxygène pour des milliers de béninois. En effet, ils se chantaient dans certains milieux que cette visite pourrait permettre de dissuader le Chef de l’Etat Boni Yayi de sa chimérique ambition de réviser la constitution. Pour s’en convaincre, il fallait lire la presse locale, écouter les grognes des auditeurs des radios privées du pays. L’attente était grande. Et pour cause, le Sénégal fait figure de modèle démocratique en Afrique francophone. Une position qui assure au pays de la Teranga une grande estime au plan mondial.

Mais pour arriver là, le Sénégal revient de loin. Et Macky Sall, qu’on le veuille ou pas, en a été le héros, puisque c’est lui qui a hérité du fauteuil présidentiel au lendemain des secousses qui auraient pu marquer la rupture du Sénégal avec la démocratie. Tout comme Boni Yayi au Bénin, l’ancien président sénégalais Me Abdoulaye Wade avait conduit jusqu’à son aboutissement un processus forcé de révision de la constitution. Bien qu’il ait chanté sur tous les toits avec le soutien de quelques juristes français et sympathisants sénégalais, que cela ne conduisait pas à une Nouvelle République, il s’était ravisé pour se présenter aux élections. Des élections qui allaient fini par perdre au second tour devant l’actuel président Macky Sall. Et une défaite qu’il a démocratiquement reconnue.

Ce fut tout de même une période sombre de l’histoire du Sénégal. A cet effet, le président sénégalais a-t-il eu l’audace et l’amabilité de dire à Boni Yayi de renoncer à son projet de révision de la constitution ? Difficile de le savoir, mais lui symbole de la résistance aux pratiques « machiavéliques » de Me Abdoulaye Wade devrait montrer le chemin de la sagesse à son aîné Boni Yayi arrivé au pouvoir en 2006 au Bénin. A l’aéroport de Cotonou, les mots étaient bien doux et les accolades étaient chaudes entre les deux hommes.

Macky Sall rendait visite à un frère et à un ami pour qui, il était déjà venu au Bénin pour sa première investiture du 06 Avril 2006 en tant que Premier Ministre du Sénégal. « Je voudrais dire toute ma joie et tout le bonheur que j’ai à me retrouver à Cotonou auprès de mon frère, ami, le président Boni Yayi. Pour répondre à son aimable invitation mais aussi pour honorer un devoir agréable que j’ai eu depuis mon élection» a-t-il déclaré. Quant à lui, Boni Yayi, a réïtéré les félicitations de la nation béninoise pour la brillante élection à la tête du Sénégal de « son cher frère ami, président démocratiquement élu » Macky Sall.

C’était bien beau !

Tous les deux chefs d’Etat affichaient une grande affinité digne des longues traditions fraternelles entre les sénégalais et les béninois. Toutes les deux délégations démontraient une assurance dans la mise en œuvre des deux accords de coopérations nouvellement conclus. Mais ce que le peuple n’a pas entendu, ce que même certains ministres ne savent pas, c’est la quintessence de cette tête à tête à huit clos au palais de la République entre les deux chefs d’Etat. Peut-être que là, Macky Sall a eu de la hauteur. Peut-être qu’il a pu être honnête envers son « frère et ami ».

Macky Sall – Boni Yayi : Les vérités?

Macky Sall a-t-il pu dire à Yayi de ne pas être ivre de son pouvoir au point de ne plus en vouloir s’en départir ?  A-t-il pu rappeler à son hôte les vrais préceptes du pouvoir d’Etat qui voudraient que le Chef ne soit pas la terreur de son peuple, de ses hommes d’affaires ? A-t-il pu rappeler comme il l’a fait pas si longtemps avec la démission de certains de ses collaborateurs que la fermeté, l’humilité, la courtoisie, l’intérêt supérieur de la Nation, doivent être la personnalité d’un Chef d’Etat ? A-t-il pu faire savoir à son « frère et ami » qu’un président n’est point un Dieu devant des « petits » mais le serviteur d’un peule et non celui d’une région?

A sa descente d’avion, le président Macky Sall déclarait à la presse, « Comme vous le savez le président Boni Yayi est un économiste qui a beaucoup d’idées qu’il met en chantier… ». Ici, nul ne le conteste. Boni Yayi, double docteur en Economie, docteur Honoris Causa de l’Université de Gaston Berger du Sénégal, ancien fonctionnaire de la défunte Banque de Commerce du Bénin (BCB), de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, ancien conseiller à la Cellule d’Analyse Macroéconomique du Président Nicéphore Soglo, ancien président de la Banque Ouest-Africaine de Développement (Boad), ancien Président de l’Union Africaine, Président en exercice de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) est un économiste réputé, pétri de talents, mondialement reconnu. Néanmoins, le président Macky Sall a-t-il bien pu lui demander pourquoi tant d’échecs sur le plan économique, de développement humain, de lutte contre la corruption, pourquoi tant de scandales financiers au Bénin depuis 2006 ? Un ancien député béninois, Janvier Yahouédéhou, ancien proche du Chef de l’Etat déclarait dimanche sur une émission de radio locale, « tout ce que Boni Yayi touche depuis 2006 échoue ».

Pour qui connait le Bénin donc et s’intéresse à sa vie politique comme ces milliers de Béninois pris dans l’étau d’un pouvoir terrorisant et qualifié de « ventilateur » par l’opposant Adrien Houngbédji, Macky Sall avait de lourdes responsabilités aux yeux de ces derniers durant son séjour au Bénin. Il devrait être leur porte-parole, avocat défenseur auprès de la toute puissante autorité suprême de l’Etat béninois qui n’est rien d’autre que son « frère et ami » Boni Yayi, surtout qu’à un frère, on peut tout dire.  On pouvait même lire dans quelques journaux locaux des appels pressants adressés à Macky Sall pour, disent-ils « ramener le Président Boni Yayi au respect de l’ordre constitutionnel et de la haute et prestigieuse fonction d’Etat ».

Macky Sall a-t-il comblé ces monstrueuses attentes placées en lui durant son séjour au Bénin ? Seuls prochains jours édifieront le commun des béninois…